Blog littéraire Attrape-Coeurs (littérature française et étrangère, critiques, auteurs)

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Tag - Philippe Grimbert

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samedi 11 octobre 2008

La lettre du blog Attrape-Coeurs n°8

Lettre n°8 du 08/09/08

Bonjour,

Voici la huitième édition de La lettre du blog littéraire Attrape-Cœurs.


Avant de commencer la lettre, un mot  pour indiquer qu’hier soir la librairie L'Attrape-Cœurs a fêté son sixième anniversaire. Très bon anniversaire à la librairie !

Beaucoup de monde est passé entre 19h00 et tôt le matin, des écrivains (j'ai eu le plaisir de revoir Philippe Grimbert), des éditeurs, des lecteurs et de nombreux libraires. Scott Taylor a animé la soirée avec son accordéon et beaucoup d'humour.

Merci beaucoup aux libraires, Sylivie et Erika, pour cette belle soirée ! (Les photos viendront plus tard.)

Au programme de cette lettre, une rencontre avec Claudie Gallay, le Festival America de Vincennes, un retour sur la soirée du groupe de lecture de la librairie L'Attrape-Cœurs, quelques mots sur les commentaires laissés sur le blog et quelques mots de la librairie Litote en tête.


Jeudi 11 septembre nous avons rencontré Claudie Gallay à la librairie L'Attrape-Cœurs. (Nous avons appris hier soir qu'elle vient de recevoir le Prix des lecteurs de la Ville de Brive-la-Gaillarde.) C'était l'occasion d'échanger avec l'auteur autour de tomates, tranches de saucisson et vin rouge de son dernier roman bien sûr, Les déferlantes, et pour les fans de le faire dédicacer. Cet auteur était une découverte pour moi et je crois que je n'étais pas le seul dans ce cas. De nombreux de lecteurs ont été convaincus. En la regardant et en l'écoutant parler, j'ai retrouvé trait pour trait l'héroïne et narratrice du roman. Je n'en dis pas plus sur cette soirée, car Jean-Claude a rédigé sur le blog un sympathique compte rendu, avec poème de Prévert et illustration, que je vous laisse découvrir. Dans un autre billet, vous pourrez également consulter les photos de la rencontre avec l'auteur.


Les 26-27-28 septembre se tenait le Festival America - Littératures et cultures d'Amérique du Nord à Vincennes. Au programme du festival, ateliers, concerts, grands débats, café des libraires, projections, lectures en V.O.,... Bref, de nombreuses manifestations au programme et le plus difficile a été de choisir. Je me suis concentré sur les grands débats à l'auditorium Ernest Hemingway. J'ai pu ainsi rencontrer Alyssa York, Percival Everett, Rawi Hage et bien sûr Dinaw Mengestu (des noms qui évoquent quelque chose aux fidèles du groupe de lecture de la librairie L'Attrape-Cœurs). Le fait de voir et d'écouter Percival Everett a été un des moments forts du festival. Et mon seul regret est de ne pas avoir eu la présence d'esprit d'acheter Effacement avant qu'il ne soit épuisé à la librairie Mille pages. D'après ce qu'il se dit, c'est un excellent roman sur le thème de la difficulté à publier aux États-Unis pour les écrivains noirs (mais ne dites pas "noir" et sur ce thème, voir les notes au débat "USA : Black is beautiful").

Tous les livres sont maintenant dédicacés - dont le très bon Blessé du même P. Everett. Parmi les débats auxquels j'ai assisté, ceux qui m'ont le plus intéressé étaient les suivants : "Femmes d'Amérique, citoyennes du monde", "USA: Black is beautiful" et "Au Sud, des écrivains et l'Amérique latine". (Vous pourrez lire les quelques notes que j'ai prises sur le blog en suivant les liens.)

Le sentiment global à l'issu de la manifestation, c'est que les grands débats ont été très intéressants bien que souvent politiques et au détriment de la littérature. Difficile également de ne pas noter la propension de certains animateurs à s'écouter parler ! Il a fallu ronger son frein. Mais ce sont là des détails. J'ai fait de belles découvertes et il me semble que j'ai une meilleure connaissance des romans publiés. Du coup, j'ai de nombreuses idées de lecture pour le continent américain. Ce que je retiendrai surtout des débats c'est l'intelligence, l'humour et la complicité entre les écrivains - et les animateurs(trices) / traducteurs(trices) parfois. Cela vous recharge les batteries pour une saison de lecture !


Le mardi 30 septembre s'est tenu la réunion du groupe de lecture de librairie L'Attrape-Cœurs. Les lecteurs se sont réunis autour du texte Ailleurs de Julia Leigh. Quelques nouveaux ont rejoint le groupe à cette occasion. Emporté par la discussion et l'interprétation du texte - surtout par l'interprétation de texte souligneront certains ! -, j'en ai oublié de noter les nouveaux prénoms et les adresses email.

"Il existe un instant, entre le troisième et le quatrième verre de vin, où toute discussion au sein d'un groupe de lecture devient un champ de foire." Le pastiche résume assez bien la soirée de discussion du groupe de lecture. Le texte n'a pas laissé indifférent, loin s'en faut. Mais bien que la discussion fut passionnée, chacun a pu exprimer son point de vue et le débat fut cordial et enrichissant.

Ainsi, pour les uns le texte est malsain. Il ne reflète pas la réalité même dans le contexte particulier de l'intrigue. Pour les autres, au contraire, le texte est l'exact reflet de la nature humaine, et ce, quelles que soient les circonstances d'ailleurs. Naturellement, en fonction de sa sensibilité et de son expérience personnelle le texte trouvera un écho ou non. Comme nous avons tous une sensibilité et des expériences différentes... Quoi qu'il en soit, il était intéressant de noter la diversité des réactions par rapport au texte : agacement, horreur, amusement, admiration, intérêt presque scientifique (psychologie), etc.

Autre moment de la discussion qui a paru intéressant, lorsque nous avons distingué le sentiment de sympathie / antipathie que nous éprouvons pour le texte de la valeur littéraire du texte. Ici, je m'avance en terrain glissant... La distinction reviendrait à poser deux questions :

  • Avez-vous aimez le texte (sympathie / antipathie, valeur pour soi) ?
  • Au-delà de ce que vous éprouvez pour le texte, pensez-vous qu'il a un intérêt, une valeur littéraire, artistique (valeur en soi) ?

C'est une façon de dépoussiérer de vieilles notions philosophiques (le pour soi et l'en soi) et d'aborder la question complexe de la valeur littéraire ou artistique d'un texte. En effet, qu'entend-on par valeur littéraire ou artistique ? Malgré le flou de la question, il a semblé qu'il y avait un relatif consensus dans le groupe. Ainsi, si le texte a pu déplaire par certains côtés, on s'accorde à lui reconnaître une valeur littéraire, artistique.

Notons que le texte sera transmis à Henry Bauchau - que nous avions rencontré à la librairie L'Attrape-Cœurs pour la dédicace d'un roman poignant et un peu effrayant, L'enfant bleu - par Marie, libraire, et qui a par ailleurs la chance d'être une proche de ce grand écrivain. Peut-être aura-t-on un retour de ce côté là aussi ? Il faut l'espérer, car Henry Bauchau s'est intéressé à la psychanalyse et à la création artistique pendant de longues années et son point de vue sur le texte serait intéressant à connaître.


Un mot également concernant les commentaires sur le blog. Suite aux chroniques publiées par Jean-Claude à l'occasion de la rentrée littéraire, nous avons eu l'agréable surprise de constater que Deux testaments de Serge Filippini était plébiscité par les lecteurs. Pas moins de vingt commentaires (enfin dix-neuf si on enlève celui de l'auteur de la chronique), tous élogieux, ont été postés sur le blog ! C'est intéressant parce que cela montre :

  • que les romans de qualité et qui plaisent aux lecteurs ne sont pas forcément dans la liste des prix littéraires (et inversement)
  • que les lecteurs n'hésitent pas à défendre les textes qu'ils ont appréciés

Voici le dernier commentaire, celui de Karen, qui résume bien l'ensemble des commentaires (cela dit, ne vous privez pas de tous les lire, ils valent le détour !) :

"Ouh Ouh! Les journalistes ? Êtes-vous là ? Je lis beaucoup la presse et pas un jour sans qu'on nous bassine avec les exploits sexuels de quelque nymphomane germanopratine. Toute cette rentrée littéraire tourne un peu en rond, pour nous, pauvres lecteurs. Alors qu'en voilà, un beau roman, où les personnages sont attachants, l'histoire bien construite, la pensée fine et l'érotisme enlevé et élégant. Ce n'est pas un xième roman sur la résistance, mais plutôt un livre sur notre humanité, et surtout sur l'intimité du sentiment religieux, à l'heure où celui-ci est bien trop souvent politisé. Avec Serge Filippini, l'intimité se mêle à l'épique et l'humanité à l'héroïsme. Et ça fait vraiment du bien!"
(Un nouveau commentaire vient d'être publié sur le blog alors que j'écris la lettre, un excellent commentaire également !)

Un grand merci aux lecteurs pour avoir défendu ce roman avec des commentaires aussi intéressants que sympathiques.

Du coup, Deux testaments de Serge Filippini fera l'objet de la prochaine discussion du groupe de lecture de la librairie L'Attrape-Cœurs le premier mardi du mois de novembre.


Notons également le commentaire de frankep999 au billet intitulé "Les manipulateurs sont parmi nous, Isabelle Nazare-Aga, 5/5". Psychiatre, il précise et complète la liste établie par Isabelle Nazare-Aga des trente critères permettant de cerner les personnalités manipulatrices, critères identifiés au cours de son expérience de praticien. Merci à lui pour sa contribution qui peut être très utile aux lecteurs - même si on ne le leur souhaite pas !


Pour conclure, signalons une nouvelle entrée sur la carte de localisation des librairies, la librairie Litote en tête. Celle-ci est animée par Maryline et Corinne qui nous avaient fait un petit coucou ici.

Maryline et Corinne, en plus de leur travail quotidien de libraires, ont la particularité de tenir le blog de leur librairie, naturellement intitulé Librairie Litote en tête. Plein d'énergie et de bonne humeur, le blog est très intéressant à lire. On y découvre le quotidien de la vie de libraire : la relation avec les clients, les auteurs, les éditeurs, les représentants, les petits tracas quotidiens, les petites joies aussi, la vie du quartier, les livres... Mine de rien, on y apprend un tas de choses. C'est sans aucun doute un blog qui pourra être précieux pour ceux qui ambitionnent d'ouvrir leur librairie, ou simplement pour les curieux. La librairie vue de l'intérieur comme si vous y étiez ! Alors, si vous êtes curieux du métier de libraire n'hésitez à leur rendre visite sur leur blog.

Au programme de cette lettre :

1. Toutes les publications depuis début septembre

2. Les nouveautés sur le blog

3. Et toujours...

1. Les publications depuis début septembre

2. Les nouveautés

  • Une librairie ajoutée sur la carte de localisation

Au chapitre des nouveautés, l'entrée d'une librairie de quartier sur la carte de localisation :

      -> La Librairie Litote en tête géolocalisée ici.

      -> Pour voir toutes les libraires géolocaliéses sur le blog, c'est .

Bon d'accord, c'est toujours encore très parisien tout cela, et encore très 18ème arrondissement. Aussi, si vous êtes libraire francophone dans les îles par exemple, ou dans tout autre pays exotique, ou même simplement en province, n'hésitez pas à nous envoyer les informations concernant votre librairie. Nous afficherons votre librairie sur la carte.

Chaque mois verra ainsi l'entrée d'une nouvelle librairie sur la carte.

3. Et toujours...

  • Un lien pour s'inscrire à la lettre plus visible

Le lien qui permet de demander son inscription à la lettre a été placé en première position dans la colonne de droite du blog. Il a également été rendu plus visible :    > Inscription à la lettre

  • Des liens vers les blogs amis

Le lien vers le blog de la librairie Litote en tête a été ajouté, ainsi que celui de la librairie L'éternel retour.

  • S'exprimer sur le blog

Pour exprimer votre point de vue à travers le blog :

Vous pouvez laisser un commentaire via le formulaire de commentaire accessible au bas de chaque billet (cliquer sur le lien "Commentaire").

Vous pouvez également vous inscrire en tant que rédacteur et rédiger vos propres billets. Il n'y a aucune obligation d'être actif et chacun des rédacteurs participe à son rythme. La liste des rédacteurs du blog s'affiche en haut à droite du blog. Si souhaitez devenir rédacteur sur le blog pour écrire vos propres billets, n'hésitez pas à consulter le mode d'emploi via le lien Mode d'emploi, toujours en haut à droite dans le menu « Liens », à la section « Pour débuter... ». Vos contributions sont les bienvenues ! 

Enfin, vous pouvez toujours envoyer un message sur la messagerie du blog à l'adresse contact@attrape-coeurs.fr.

Bonnes lectures et à bientôt sur le blog !

Si cette lettre est susceptible d'intéresser des proches ou des connaissances à vous, n'hésitez pas à la faire suivre ! (1)

--
Blog Attrape-Cœurs
www.attrape-coeurs.fr


 

Vous êtes inscrit à la Lettre du blog Attrape-Cœurs. Si vous ne souhaitez plus recevoir cette lettre, vous pouvez envoyer un message par retour de mail ou à l'adresse contact@attrape-coeurs.fr (faites simplement "répondre au message" avec comme titre "désabonnement"). Si vous n'êtes pas inscrit à la lettre, vous pouvez en faire la demande à la même adresse.

Pourquoi cette lettre ?
Tout le monde n'a pas forcément le loisir de consulter régulièrement le blog pour lire les derniers billets publiés. Avec la Lettre du blog Attrape-Cœurs, c'est le blog qui vient à vous ! Dans cette lettre, vous trouverez la liste des dernières publications sur le blog ainsi qu'un lien permettant d'y accéder. L'envoi de la lettre est fonction du nombre de publications sur le blog et/ou de leur importance.

Note : Le blog Attrape-Cœurs est indépendant de la librairie L'Attrape-Cœurs même s'il en est proche. Il s'agit d'un blog de lecteurs créé à l'initiative de lecteurs et ouvert à tous (lecteurs, auteurs, libraires,...). Chacun est libre de s'exprimer sur le blog.

(1) Vous pouvez faire suivre cette lettre dans votre entourage avec toutes les précautions d'usage, c'est-à-dire auprès de personnes susceptibles d'en être intéressées et sans en altérer le contenu (sauf les fautes).

mardi 22 avril 2008

La fête des libraires, le 26 avril

Le blog littéraire Attrape-Cœurs souhaite une bonne fête aux libraires à l'occasion de la Fête de la librairie : "Un livre, une rose 2008"

Couverture du Guide insolite de la librairie avec librairesProfitant de l'occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur mercredi 23 avril, la fête des libraires aura lieu cette année samedi 26 avril.

A l'initiative de l’association Verbes (Librairie des Abbesses), la fête des libraires vise à promouvoir les librairies indépendantes et à mettre en avant le travail quotidien des libraires indépendants. C'est aussi l'occasion de sensibiliser le public à l'importance de l'existence du réseau des librairies indépendantes pour la diversité culturelle, voire pour le lien social, et à la fragilité de cet écosystème. A cette occasion une rose et un livre au format poche, le Guide insolite de la librairie avec libraires, vous sera offert par les libraires participants (pour consulter la liste librairies participantes, suivez le lien).

Par leur travail de recherche et de lecture quotidien, les libraires indépendants nous conseillent et nous orientent au-delà des best-sellers au succès commercial programmé. A l'instar des cinémas indépendants - et autrefois des disquaires indépendants - les libraires indépendants nous font découvrir leurs coups de cœurs, des "petits" auteurs (par le tirage et non par le talent), des "petits" éditeurs (à la ligne éditoriale audacieuse) vers lesquels nous ne serions pas allés seuls. Ils ouvrent des horizons, donnent une chance aux auteurs et aux éditeurs méritants, défendent leurs livres, leurs éditeurs.

Le meilleur exemple que je connaisse, c'est le succès inattendu qu'à eu à la librairie le premier roman de Carole Martinez, Le cœur cousu défendu Sylvie et Erika. Certes, pour la petite histoire Carole Martinez était proche de la librairie bien avant d'écrire le roman. Certes, ce n'est pas la "grande" littérature - même si l'auteur a une profonde admiration pour Faulkner. Mais l'auteur a un réel talent et ce roman emprunt de réalisme magique exerce une réelle attraction, un charme auquel on est sensible comme en témoigne le nombre de "petits" prix littéraires qui au fil du temps ont couronné ce livre. Pouvait-on espérer meilleur conseil de lecture pour les vacances ou pour offrir ? Et que dire de la rencontre avec Philippe Grimbert ? Les libraires avaient flashé sur Un secret bien avant qu'il ne reçoive le Goncourt des lycéen et nous avaient fait rencontrer l'auteur. Mémorable soirée !

Comme en témoigne les exemples précédents, les libraires indépendants s'ils sont passionnés ne sont pas pour autant élitistes. Avides de satisfaire leurs clients ils ont aussi à cœurs de nous orienter parmi des succès plus commerciaux. Qui de mieux placé pour nous parler du dernier Anna Gavalda en toute objectivité ? Est-il moins bon ou meilleur que les précédents ? Pas si simple. Demandez à l'avis à votre libraire. D'expérience, je sais que les libraires ne disent jamais - rarement - de mal des livres mais s'ils restent silencieux ou allusifs alors le livre n'a sans doute pas plu...

Nous n'avons pas tous les mêmes goûts et nous ne recherchons pas tous la même chose dans un livre : pour l'un ce sera une intrigue, pour l'autre des personnages, pour un autre encore un style, et ainsi du reste. Par leur travail de proximité, les libraires nous connaissent et sont par là même les mieux placés pour nous conseiller. J'ai personnellement fait de très belles découvertes grâce à mes libraires (Librairie L'Attrape-Cœurs), la dernière en date et non des moindres étant Sur le vif.

Du point de vue des parents, la librairie est aussi souvent un lieu d'épanouissement et de découverte des livres pour les enfants et les ados. Quand ce n'est pas une garderie le temps de faire une course ! C'est aussi un espace de rencontre où se nouent des liens entre enfants et entre parents. Mais bon, de tout cela je ne suis peut-être le mieux placé pour en parler ! Sur ce thème, écoutez plutôt Sylvie qui parle très bien de ces aspects dans l'enregistrement audio que vous trouverez dans ce billet.

La librairie, c'est également un espace de rencontre pour les lecteurs de par les animations qu'elle propose : rencontres avec les auteurs et/ou éditeurs, soirées de lecture autour d'un livre, évènement divers (anniversaires, animations de quartier,...). La librairie devient un lieu de vie et de socialisation pour les habitants du quartier.

Par leur travail quotidien, les libraires indépendants acquièrent une expertise, une expérience que nous n'avons pas le temps nous, lecteurs, d'acquérir. Les libraires indépendants animent aussi des lieux de rencontre pour les enfants, les ados et les adultes. Bref, ils nous font gagner du temps, nous font partager leurs découvertes, nous ouvrent des portes, des horizons.

Bonne fête les libraires !



Sur ce sujet voir également la très intéressante interview de Marie-Rose Guarnieri de la Libraire des Abbesses (l'interview s'affichera dans une autre fenêtre).

Extrait : "Il faut inciter les gens à visiter une librairie tout comme on visite un musée ou un autre lieu culturel, et à y rencontrer des professionnels qui sont aussi des acteurs de la culture."
Le portrait du libraire idéal : "Indépendant, bien sûr. Il doit être un grand lecteur, avoir un point de vue culturel très large. Il ne doit pas être un suiviste, et ne pas avoir peur de se retrouver seul contre tous. Il ne doit pas être un censeur, doit être ouvert et accueillant. Le libraire fait vivre un espace engagé." (Moi, j'en reconnais quelques unes. :-)
Alors là, je dis bravo Mme Guarnieri !


Qu’est-ce qu’une librairie indépendante ?

Une librairie indépendante est une librairie n’appartenant ni à groupe industriel ou commercial, ni à une chaîne.

C’est un lieu où œuvrent des libraires qui ont à cœur de diffuser les livres qu’ils aiment et non pas ceux que d’autres auront choisi pour eux et le public.

C’est un espace à taille humaine où les mots proximité, diversité et service prennent tout leur sens.

C’est le carrefour de la création littéraire, le garant de la liberté de toutes les lectures.


Source : www.initiales.org

samedi 22 mars 2008

Photos du salon du livre

Après le récit de la visite, voici les photos du salon du livre. Les photos sont le reflet du parti pris de la visite : une promenade dominicale au hasard du salon. Vous en saurez plus si vous lisez le billet précédent. Pour voir les photos depuis le blog littéraire Attrape-cœurs suivez le lien photos du salon du livre (les photos s'afficheront dans une autre fenêtre). Bonne visite !

Anna Gavalda dédicace son livre

vendredi 21 mars 2008

Promenade au salon du livre

Samedi soir, après le départ de Katarina Mazetti et de Lena Grumbach, juste avant de nous quitter, nous avons convenu de nous retrouver le lendemain au salon du livre. Aujourd'hui, je rejoins donc Erika et Elisabeth à 13h00 au lieu de notre rendez-vous. Mais plutôt que de faire la chasse aux conférences et aux écrivains, je choisie de déambuler dans les allées du salon comme pour une promenade dominicale. Voici le récit de cette promenade sur le blog littéraire Attrape-cœurs.

Depuis mon entrée dans le salon, je suis pris d’une sorte de fascination par l’étalage de tous les stands, une fascination somme toute assez factice de carton et de contre plaqué. Je suis frappé par la ressemblance avec le salon du deux roues. Le salon du livre est un salon comme les autres. Justement, cela ne devrait peut-être pas être un salon comme tous les autres. Les auteurs en rang d’oignon encartés dans les stands de leurs éditeurs et signant à la chaîne, ça fait une impression étrange. C’est un peu dérangeant. Le mythe de l'écrivain en prend un coup. Cela étant dit, pour le lecteur le salon est l'occasion de rencontrer son auteur fétiche et, s'il est chanceux, d'échanger quelques mots avec lui. Le passionné de littérature quant à lui se rendra de préférence aux conférences et aux débats publics organisés avec les écrivains. En conséquence, je ne peux m'en prendre qu'à moi-même si je ne fait pas de cette visite une expérience culturelle, voire littéraire. Mais mon parti est pris, ce sera une promenade !

Dinaw Mengestu Le premier écrivain que je rencontre c’est Dinaw Mengestu, encarté (si vous ne connaissez pas cet auteur, vous pouvez consulter le billet consacré à son premier roman). Il sera là de telle heure à telle heure. Etrangement, c’est Stepha dans son épicerie que je vois. Ça commence bien ! Sans doute la fatigue. Il n’y a pas de file d’attente mais des lecteurs viennent à lui à un rythme régulier. Je reste à distance, je prends des photos, j’avance, je recule, j’hésite un peu à la manière d'un homme entre deux mondes. Au bout d’un moment, je finis par me sentir comme Stepha regardant Joseph à travers la vitrine du restaurant. De mieux en mieux ! C’est peut-être, sans doute, sans aucun doute, injustifié, et même déplacé. Il doit être sacrément heureux d'être là ! Tout à mon trouble, je m’en vais en me disant que je reviendrais plus tard lorsque j’aurai les idées claires. Je me trouve un peu ridicule. Mais tout de même, dans la façon dont les éditeurs affichent leurs auteurs, il y a quelque chose d’incorrect. Clairement la rencontre manque de convivialité. Mais j'en fais sans doute un peu trop et peut-être ma gêne vient-elle du décalage par rapport aux rencontres organisées à la librairie et auxquelles je me suis habitué.

Anna GavaldaLibre, je poursuis plus avant dans les allées et m’arrête au gré des attroupements. C’est ainsi que je croise Anna Gavalda courbée sur sa petite table. Une foule impressionnante gardée par des barrières se presse. Ceux qui ne suivent pas la queue qui s’entortille sur elle-même devant l'auteur peuvent s’approcher par un côté. De là il est possible de photographier l’écrivain à loisir. Et donc, je suis précisément là et je l’observe… Je l’observe, je la photographie, je l'observe... Je la regarde travailler courbée sur les livres. Le poigné droit qui tient le stylo à autographe prend appuie sur un exemplaire de La consolante et dédicace un autre. Elle est concentrée, fronce légèrement les sourcils et, de temps en temps, échange le stylo à autographe pour le pinceau ou le crayon de couleur. Lorsqu’un homme tout droit sorti de l’un de ses romans, un personnage gavaldien donc, se présente et lui tend son exemplaire, elle échange quelques mots avec lui et prend son livre respectueusement ; lorsque ce sont des enfants rieurs qui s’approchent, elle s’anime et plaisante avec eux. Combien de temps lui faut-il pour tracer une dédicace... Trois, cinq, dix minutes ? A chaque fois, le même rite se répète presque à l’identique. Impressionnant. Il y a quelque chose comme de la dévotion dans la répétition de ses gestes que l'on imaginerait sans peine se poursuivre jusque tard dans la nuit.
J’ai lu Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part alors que j’avais une bonne grippe. Puis j’ai tenté Ensemble, c’est tout, deux fois, mais je n’ai jamais dépassé les quatre vingt premières pages. Toutefois il faut bien avouer dans le paysage littéraire Anna Gavalda a une place à part. Elle a la réputation d’être un auteur atypique, hors norme, un peu à contre courant ; autrement dit nature. Par exemple, elle écrit un livre tous les trois ans. Un scandale ! Une hérésie de nos jours ! Veut-elle la mort des éditeurs ? Autre exemple. J’ai lu que, échaudée, elle refuse de donner des interviews autrement que via Internet ! A contrario, il existe bien un véritable lien d’amitié entre elle et les libraires. On trouve quelques anecdotes à ce sujet. Mais moi, ça ne m’étonne pas qu’elle soit la copine des libraires ! Le succès de ses livres s’explique en partie par le bouche à oreille et le travail de promotion impressionnant qu'ils ont fait. Et puis, un gros livre qui se vend comme des petits pains, les libraires vont pas s’amuser à en dire du mal ! La littérature, c’est bien mais ça ne fait pas vivre. Alors, vous comprenez, il y a peu, Anna Gavalda, je serais bien allé la voir pour lui tenir ce discours : « Ecoutez, Madame, vos histoires, elles sont gentilles mais c’est la L-I-T-T-E-R-A-T-U-R-E qu’on assassine ! » Rien de moins.

Anna GavaldaVoltaire a écrit qu’il est plus facile de tuer un homme de loin que d’abattre un cheval de près. Et alors que je me tiens là à quelques mètres de l’auteur... mon discours m’apparaît..., non pas d’une bêtise absolue, mais décalé, hors de propos. A la regarder courbée sur sa petite table, il est difficile de douter qu’elle écrit selon sa nature. La L-I-T-T-E-R-A-T-U-R-E n’est pas le propos de Anna Gavalda - et, comprenons-nous bien, je ne cherche pas à l’offusquer en écrivant cela. Ce que je veux dire, c'est que parler ainsi n’a peut-être tout simplement pas de sens. Le propos de Anna Gavalda, c’est les gens. Pas les gens de Dublin, ni de Pékin ; non, les gens du RER A et de la ligne 13. Elle fait partie des auteurs que j'appellerais "humaniste" (au sens défini dans le billet consacré à La chaussure sur le toit). Et elle ne se contente pas de décrire ces gens, de s'en servir comme modèle ; elle écrit pour ces gens, les gens du quotidien, de tous les jours, les anonymes, vous, moi. Ceux qui ne se préoccupent pas de ce que peut bien être ou ne pas être la L-I-T-T-E-R-A-T-U-R-E mais qui trouvent un réconfort dans ses histoires. Et encore suis-je persuadé que l’on peut être féru de littérature et trouver un intérêt à lire Anna Gavalda moyennant un peu de tolérance et de curiosité. Sylvie et Erika ont raison. Les gens aiment Anna Gavalda parce qu’ils se reconnaissent dans ses romans. A sa manière, elle aide à surmonter le quotidien, à le rendre supportable, tout en lisant ! Ainsi, les romans de Anna Gavalda ne sont pas simplement divertissants ; d’une certaine façon ils sont réconfortants. Nous partageons tous le même quotidien. D'une certaine façon, on est ensemble, c’est tout. Et puis, comme le rappelle Gilles, découvrir cet auteur c’est aussi une manière de venir à la lecture.
Je me repasse mes pensées dures d'avant la rencontre et, en promenant mon regard sur la file des gens qui attendent leur livre à la main, une bouffée de honte m’envahie. Je prends encore quelques photos et poursuis mon chemin.

Les Allusifs Je passe devant l’éditeur les Allusifs. Le stand est tapissé des couvertures des livres aux maquettes vintage. Sur les couvertures au format régulier, des images désuètes s’affiches dans des couleurs contrastées. Sur le stand, je dis tout le bien que je pense du Cochon d’Allemand (sur le roman, voir ce billet) et de la maquette de couverture. En retour, on me donne un conseil de lecture, Le jour des corneilles. Un père et son fils dans l’obscurité d’une forêt, un père qui se raconte dans une langue archaïque… Un livre que l’on ne conseille pas à tout le monde. J'indique l’adresse du blog avec le billet sur Knud Romer et poursuis.

Bernard WerberPlus loin, j’aperçois Bernard Werber, lui aussi encarté. Je ne m’attendais pas à cette rencontre. J’ai un souvenir nostalgique de la lecture de son roman Les fourmis. Voilà typiquement un roman qui a participé à me faire aimer la lecture, et plus. Oui, je crois que l’on commence par aimer la lecture, puis la littérature. Comme les photographes se pressent autour de lui, il interrompt sa dédicace, et, tout en souriant, balai du regard les appareils photos de gauche à droite, puis de droite à gauche. La photo est réussie. Heureux de cette rencontre fortuite, je poursuis ma route dans les allées du salon.

Duong Thu HuongPar hasard, je croise Duong Thu Huong, l’auteur de Terre des oublis, finaliste en 2006 pour le Fémina et lauréat du Grand Prix des lectrices de Elle. Un livre qui m’a été chaleureusement recommandé plusieurs fois par des lecteurs éclairés. A ce moment là, personne ne lui prête attention et la file qui s’étire devant elle est pour un autre auteur. Je coupe la file, me poste à quelques pas devant elle assise derrière sa table et la photographie sans un mot. J’avais aimé son romam Histoire d’amour avant l’aube. Je l’ai lu pendant ma période Viet Nam alors que je revenais de ce beau pays à l’histoire cruelle (c’est un euphémisme). Avec Nguyên Huy Thiêp, Anna Moï et elle, j’avais prolongé le voyage.

Philippe Grimbert Au détour d’une allée, c’est Philippe Grimbert qui dédicace. Nous l’avions rencontré à la librairie au moment de la sortie de son très bon roman Un secret (et bien avant qu’il ne reçoive le Goncourt des lycéens !) Je crois me souvenir que son texte avait fait l’unanimité. Nous étions très fébrile à l’idée de le rencontrer et nous avions passé une très bonne soirée en sa compagnie et celle de sa femme.

Olivier AdamOlivier Adam signe au stand de l’Olivier. Nous l’avions également rencontré à la librairie à l’occasion de la sortie de Falaise. Je n’avais pas lu le roman mais la discussion et la lecture d’extraits m’avait amené à lire Passer l’hivers. J'avais beaucoup aimé. J’étais aussi allé voir Je vais bien ne t’en fait pas au cinéma. Et j'ai aimé également. Ce soir là, nous avions terminé la deuxième partie de soirée au café, chez Elyette. Aaron Appelfeld, dont l'excellent roman Histoire d'une vie avait fait l'objet d'une de nos soirées, n'est pas présent sur le stand à ce moment là... Mais, depuis dix minutes, une voix féminine résonne dans le salon et informe les visiteurs qu’ils doivent évacuer pour des raisons techniques. Au troisième appel, une sirène inquiétante au rythme mécanique et lancinant prend le relais accompagnée d’une voix qui se veut féminine non moins mécanique, non moins inquiétante. Sur le stand quelqu’un vient informer Olivier Adam qu’il faut évacuer le salon. Il est déçu, réellement. Il s’excuse, interrompt sa dédicace et se lève.

Sur le parking, les gens attendent la réouverture des portes. Police, équipe de déminage, tout se met en place. J’aperçois Philippe Grimbert qui circule entre les gens à grandes enjambées le téléphone à l’oreille. Maintenant, dehors, ne restent plus que ceux qui ont laissé leurs affaires dans le salons et les plus courageux. Pour ma part, c’en ai assez ; je décide de rentrer. Je n’aurais pas revu Erika et Elisabeth de toute la visite !

Je suis assis dans une rame du métro. Cela n’aura pas été un salon du livre très culturel, à la rencontre des écrivains israélien. Je me rattraperai en lisant le roman de Michal Govrin, Sur le vif. Mais j'ai passé un bon moment à voir ou à revoir tous ces écrivains et à les prendre en photo.

Je ne vous l’ai pas raconté plus haut mais tout à l’heure, dans le salon, par le plus grand des hasards, je me suis retrouvé à nouveau devant Anna Gavalda, exactement au même endroit. Je l’ai à nouveau observée courbée au dessus de sa table d’écolier, incrédule. Assis sur la banquette alors la rame du métro s'enfonce dans le tunnel, je me dit que si un jour me prenait l'envie d'écrire une nouvelle avec une héroïne comme Anna Gavalda, vraiment, je l’intitulerais La désarmante.