Couverture WagonHier soir, tard, j’ai lu dans le reader un billet de François Bon en provenance de publie.net, coopérative d’auteurs pour le texte numérique contemporain. Le site publie la littérature contemporaine au format numérique : le contemporain s’écrit numérique. (Cela n’empêche évidemment pas de s’intéresser à la littérature classique, au contraire, et plusieurs œuvres du domaine public sont proposées à la lecture.) Le billet, c’était pour annoncer la publication d’un nouveau texte : Jacques Serena | Wagon. J’ai lu le billet de François Bon, ça m’a plu ; j’ai lu les dix-neuf premières pages proposées à la lecture, ça m’a plu aussi ; j’ai acheté le livre électronique, l’ai affiché à l’écran, rien à dire. Jolies photos dans le cadre noir aux légers dégradés. Ça claque comme je l'ai entendu dire. On pourra dire que le billet aura séduit le lecteur. Les voyages en train en France, à l’étranger, le départ, la promiscuité, les regards parfois. Ces deux photos, ce titre Wagon, sont autant de promesses, une invitation. Un Dijon-Paris pluvieux, par exemple. Mais wagon n’est pas voiture. Ça ne sonne pas TGV, première classe. Wagon, c’est industriel, presque bétaillère, wagon à bestiaux... Maintenant, il reste à lire, à trouver le moment pour recommencer la lecture et l’achever, d’une traite.

Le fichier récupéré, rapidement le réflexe ce serait de l’envoyer à une amie, comme ça, et pour la frime, aussi. Et puis non, on se ravise. Pourtant, ce serait une sorte de prêt entre lecteurs. Enfin presque, c’est plus facile et immédiat, et c’est indolore. On prête (donne) une copie. On n’est pas dépossédé de l’objet qui reste disponible et intact. On ne se pose pas la question de le récupérer, dans quel état, ou de l’acheter à nouveau. Ce n’est pas que c’est immorale. Ce n’est pas non plus ce qu’en penseraient les autres. C’est juste que là, d’un seul coup, c’est con. Ça fonctionne comme un impératif catégorique kantien. Les sites comme publie.net n’existent que si tout le monde joue le jeu. Acheter un livre électronique ici, c’est un peu comme subventionner la culture ou faire un don.

Sur tiers livre, j’ai lu également un superbe hommage à Julien Gracq.



Lecture de Wagon avec le lecteur Adobe Digital Editions (.pdf, .epub) en libre téléchargement ici.