Réunion de lecture à l’Attrape-Cœurs, mardi 2 octobre 2007.

GillesAvant que nous commencions à parler du livre de Mengestu, Sylvie nous prévient, grave, qu’elle a quelque chose à nous annoncer, à nous demander. Nous passons à autre chose, évoquant le livre du mois… Buvons quelques verres et arrivons enfin au bout du suspense… Sylvie est invitée à France Bleue Ile de France. Le contexte est assez flou. Visiblement, chaque semaine, un libraire, un auteur et un lecteur sont invités pour parler de livres. Jusque là tout va bien. L’auteur parle de son livre, le libraire évoque un ou deux coups de cœur. De même pour le lecteur. Jusque là tout va encore bien.

Sauf que… Qui sera le lecteur ? Regards fuyants, les chaussures sont examinées avec attention, les verres pris en main, vidés et remplis, les excuses prêtes à être dégainées… Finalement, je me décide…. « Et pourquoi pas ? » Sauf que… parler d’un livre avec des amis ou dans le cadre d’un cercle d’habitués d’une librairie est une chose. En parler au cours d’une émission radiophonique en est une autre. Il ne s’agit pas de bafouiller, d’être approximatif ou impressionné par le micro. Mais j’ai dit oui… Et il va bien falloir assumer.

Renseignements pris, l’enregistrement de l’émission se fera en direct du Salon du deux roues, porte de Versailles, le dimanche suivant. Mentalement, je me prépare une petite liste de tout ce que le monde compte de deux roues, ça peut toujours servir : bicyclette, motocyclette, mobylette, trottinette, patinettes et couple de paons faisant des galipettes… Première analyse, les amoureux des deux roues sont-ils sensibles aux rimes en « ette »… ? Peut-ête… Une piste à ne pas exploiter. Question rapidement évacuée par l’urgence de la situation…

Car, fort heureusement, ça n’était pas pour évoquer le monde de la moto que j’allais me retrouver dans le temple de sa consécration… Mais pour parler de livres… Première question : faut-il parler d’un ouvrage où la moto joue un rôle primordial ? Je me vois déjà à genoux devant ma bibliothèque, ouvrant nerveusement chacun de mes livres dans l’espoir d’y trouver la trace d’un pot d’échappement, d’une marque de pneu ou d’une empreinte de frein… Kerouac parcourt-il, dans Sur la route, quelques km à moto ? Non… Je ne crois pas.

Vérification effectuée, le choix du livre est libre. Ouf ! Du coup : deuxième question : « quel livre choisir ? » Je me revois à l’école élémentaire lorsque l’on devait rendre une rédaction dont le thème était libre. Face à une infinité de choix, on se retrouve un peu dans la peau de l’âne de Buridan… J’opte dans un premier temps pour un livre que nous avions lu au cours de l’une de nos séances du mardi soir. Et pourquoi pas le Mengestu ? Tout simplement, parce que, comme après chaque séance, mon opinion sur le livre est modifiée… Ce qui en soit n’a rien d’alarmant ni de contraignant… Au contraire… Non, le problème, c’est que je me serais servi des mots des autres, des sentiments des autres que je n’aurais peut-être pas réussi à rendre aussi bien que je l’aurais désiré. J’opte donc pour un livre écrit par Dan Frank, Bohèmes. Un livre lu plusieurs années auparavant mais que j’offre suffisamment régulièrement pour trouver quelque chose à en dire. Et puis une partie de l’action ne se déroule-t-elle pas au Bateau-lavoir et au Lapin Agile, à quelques pas de l’Attrape-Cœurs ?

Nous nous retrouvons donc, Sylvie et moi, porte de Versailles, à deux pas du périphérique, devant ce qui s’annonce comme « le rendez-vous incontournable de tous les passionnés des deux roues ». Pour ceux qui n’y ont jamais mis les pieds, le Salon est installé dans les mêmes locaux que ceux accueillant le Salon du Livre. Nous ne sommes donc pas en terrain totalement inconnu. Peut-être restera-t-il quelque part, un catalogue Actes Sud ou un marque pages Gallimard… Espoir vite anéanti : des motos, des motos et des motos… Et un peu plus loin sur la droite, le « stand » de France Bleue Ile-de-France … Une grande table, des micros, deux bureaux vitrés, et nous voilà assis, un café à la main, un écouteur sur les oreilles.

Eric Bastien, l’animateur, nous accueille chaleureusement, entre deux prises d’antenne. « C’est à vous dans 5 minutes ». Nous observons, faisons connaissance avec Mathieu Goguel, l’auteur invité ce jour-là, écoutons l’émission en cours.

« C’est à vous dans 4 minutes ». Une page de publicités. On nous explique que nous disposerons de six minutes chacun pour aborder notre ou nos coups de cœurs.

« C’est à vous dans 3 minutes ». Nouveau café. La température se rafraichit… Mais qui a donc ouvert en grand la porte du Salon ? Les visiteurs passent dans les différentes allées, quelques curieux s’arrêtent devant nous, regardent, repartent ou restent un moment.

« C’est à vous dans 2 minutes ». Un petit point circulation dans Paris : tout a l’air de rouler, à part bien sûr le boulevard Magenta. Mon rythme cardiaque n’est en tout cas freiné par aucun embouteillage. J’imagine que Sylvie est dans le même état que moi.

« 1 minute, je vous présente, et on commence avec Mathieu Goguel. Sylvie enchaîne puis ça sera à Gilles ». Une page de pub et c’est à nous…

(Pour écouter l'émission, cliquez une ou deux fois sur le petit triangle bleu "lecture" du lecteur ci-dessous. Il se transforme alors en bouton "pause" pour arrêter la lecture. Bonne émission ! - les photos sont à Gilles)





Sylvie


Auteur et speaker