Blog littéraire Attrape-Coeurs (littérature française et étrangère, critiques, auteurs)

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samedi 4 octobre 2008

Festival America : Au Sud, des écrivains et l'Amérique latine (3)

Troisième partie des notes prises pendant les grands débats du Festival America que je publie sur le blog Attrape-Cœurs. (Pour en savoir plus sur les notes, lire ce billet.)

Au Sud, des écrivains et l'Amérique latine

En introduction, l'animatrice indique que l'enjeu du débat est d'essayer de dépasser le cliché de la littérature latino-américaine incarnée par Gabriel Garcia Marquez.

Selon Jordi Soler (La dernière heure du dernier jour, Belfond, traduction Jean-Marie Saint lu) l'étiquette de littérature latino n'est rien de plus qu'une étiquette marketing. « Je ne crois pas en l'idée que l'on puisse reconnaître par l'écriture l'origine de l'auteur. Pour ma part, j'ai été élevé en langue espagnole et non en Mexicain ou en Catalan. »

Pour Douglas Unger (Mes frères de sang, Phébus, traduction Serge Philippini) la France est un pays d'accueil. « La ville de Vincennes est particulière pour moi. Deux frères ont disparu au Brésil et le troisième s'est réfugié ici à Vincennes. Aujourd'hui, j'ai deux nièces qui vivent ici. L'Amérique latine est en fait le territoire des États-Unis. La France occupe une place à part où l'on peut se réfugier et apprendre la culture plus qu'en Amérique du Nord [l'animatrice s'en étonne] parce qu'il y a un va-et-vient culturel. La France offre sa culture, les États-Unis la doctrine Monroe. Les États-Unis n'ont rien à offrir. » [Sous-entendu d'un point de vue culturel.]

Nathan Englander (Le ministère des affaires spéciales, Plon, traduction Elisabeth Pellaert) : « Je suis juif et américain... et je suis content que l'on ne m'ait pas mis sur le plateau juif ! En tant que juifs, nous sommes tous des expatriés. Écrire sur l'Argentine représentait une responsabilité. C'est une responsabilité énorme de parler de ce que les gens ont vécu, de rendre cela réaliste pour ceux qui ont vécu à Buenos Aires à cette époque. Maintenant, cette histoire est devenue la mienne. »

D. Unger : « J'ai été élevé avec cette idée de plus jamais ça. Aux États-Unis, je suis obligé d'expliquer ce qui s'est passé en Argentine en 1976 lorsque je parle de mon livre, pas dans les autres pays. Le problème aux États-Unis, c'est l'isolationnisme. »

James Canon (Dans la ville des veuves intrépides, Belfond, traduction Robert Davreu) rappelle que l'édition est avant tout une industrie. L'animatrice acquiesce, mais précise que ce n'est quand même pas tout à fait la même chose. On trouve des éditeurs qui font du bon travail. J. Canon poursuit en expliquant qu'en tant qu'écrivain d'Amérique latine, il avait l'impression que l'on attendait de lui qu'il écrive le deuxième chapitre de Cent ans de solitude. Son roman a été traduit en sept langues et a été bien accueilli en France et en Allemagne mais pas aux États-Unis : « Bush et Sarkozy ne vont pas lire mon roman. »
« - Non hélas,... Je crois qu'ils ne lisent pas trop... » ironise la présentatrice. [Rires dans la salle]

Wendy Guerra (Tout le monde s'en va, Stock, traduction Marianne Million) écrivain cubain vivant à Cuba indique que les États-Unis choisissent de publier des auteurs cubains exilés aux États-Unis. « A Cuba, chaque cubain doit savoir tirer beaucoup et bien. Les éditeurs ont peut-être peur de publier les auteurs cubains. Le fait est que je n'arrive pas à publier aux États-Unis. Je me déguise et laisse mes problèmes à La Havane pour aller aux États-Unis. La société cubaine est fermée d'un point de vue politique et elle est amorale. Lorsque qu'il y a une tempête, on vient nous chercher en camion et on nous emmène dans de grands hagards où nous dormons ensembles. Il y a aussi le travail dans les champs de canne à sucre. Tout cela créé de la promiscuité. Je suis de la troisième génération alors j'essaie d'oublier les problèmes. Mon problème aujourd'hui, c'est Madona ! »

Horacio Castellanos Moya (Là où vous ne serez pas, Les Allusifs, traduction André Gabastou) explique que pour ce qui est du Honduras moins de 2% des romans sont traduits. Aux États-Unis, on ne publie pratiquement que la littérature anglophone. L'écrivain est venu au journalisme pour gagner sa vie, mais il a commencé par se consacrer à la littérature. Il écrit par intermittence et cela explique pourquoi mes romans sont courts. Peu de littérature d'Amérique latine est publiée aux États-Unis, mais les écrivains lisent beaucoup cette littérature. L'écrivain évoque une colonisation littéraire. Les écrivains d'Amérique du Nord doivent beaucoup à la littérature latine pour ce qui est du roman et de la poésie.

J. Canon précise qu'en fait les Américains des États-Unis lisent ce qui est traduit. Selon lui, ils lisent, mais on ne les laisse pas faire... Il y a beaucoup d'émigrants hispanophones aux États-Unis, mais ils ne lisent pas. Ils n'ont pas la culture du livre. Mais cela change, car la nouvelle immigration est plus éduquée. Les maisons d'édition sont trop frileuses et le cahier des charges est trop compliqué, exigent. Les éditeurs ne font pas assez confiance aux lecteurs. Aussi il ne faut pas culpabiliser les lecteurs états-uniens.

L'animatrice du débat décidément acerbe relativise également : « Et en France quand on voit la liste des romans qui sont les plus lus... » [Sous-entendu ce n'est pas nous qui allons donner des leçons.] L'animatrice sait d'expérience que les auteurs n'aiment pas cette question, mais elle demande s'ils peuvent nous dire quelques mots de leurs futurs romans.

Douglas Unger - qui porte un gros badge Obama épinglé sur sa veste - explique qu'il va explorer l'attitude oppressive des riches qui dans cette posture ont remplacé les grandes forces politiques. [Effectivement, c'est un sujet très intéressant et malheureusement peut-être prometteur.]

Nathan Englander fait de l'humour et explique que son prochain roman va certainement parler des juifs quelque part dans le monde ! [N. Englander a grandi dans un milieu juif orthodoxe.]


Note : L'intervention de Wendy Guerra m'a remis en mémoire certains passages du roman de Pedro Ruan Gutiérrez, Le nid du serpent chroniqué ici. Pedro Ruan Gutiérrez est lui aussi un des rares écrivains cubains publiés et vivant à Cuba. Il n'a pas son pareil pour décrire la promiscuité dans les champs de canne à sucre !

Festival America : USA : Black is beautiful (2)

Deuxième partie des notes prise pendant les grands débats du Festival America que je publie sur le blog Attrape-Cœurs. (Pour en savoir plus sur les notes, lire ce billet.)

USA : Black is beautiful

Un écrivain : « Qu'on le veuille ou non, les États-Unis ont été façonnés par l'esclavage. »

Les écrivains présents rappellent en introduction que les écrivains de couleurs sont toujours interrogés sur le thème de la couleur de peau. Ce thème a trait à la race et à l'identité, mais il est sans rapport avec la littérature...

Percival Everett (Blessés, Actes Sud, traduction Anne-Laure Tissut) : « Un jour j'ai envoyé un roman, Frénésie, à un éditeur. C'était un roman qui traitait de Dyonisos. Lorsque j'ai rencontré l'éditeur, celui-ci m'a demandé : « Mais quel est le rapport entre un noir et Dionysos ? » [Sous-entendu, comment se fait-il qu'un homme de couleur s'intéresse à ce thème qui est sans rapport avec les hommes de couleur ?] Je lui ai répondu : « C'est intéressant ce que vous dites, car je me demandais justement quel rapport il y avait entre votre maison d'édition et la littérature ! » [Rires dans la salle]

Eddy Harris intervient : « Je voulais juste dire que d'habitude c'est moi le plus rigolo de l'assemblée ! » [Rires dans la salle]

Autre anecdote à propos du roman Effacement de Percival Everett. Le roman est refusé par une maison d'édition. Plus tard, l'écrivain apprend que l'équipe marketing a jugé que si le roman était publié alors l'éditeur n'aurait plus jamais de critiques de la part d’Oprah Winfrey... [Présentatrice très populaire aux États-Unis et elle-même de couleur.]

Les écrivains noirs américains insistent sur la difficulté d'être pris au sérieux lorsqu'ils parlent de blancs ou bien lorsqu'ils parlent de noirs si ceux-ci ne sont pas délinquants, drogués ou habitant des quartiers défavorisés et des ghettos.

John Edgar Wideman (Le rocking-chair qui bat la mesure, Gallimard, traduction J.P. Richard) indique que 75% des critiques de ses livres consistent à lui expliquer qu'il devrait écrire ou ne pas écrire plutôt que de se concentrer sur son texte.

Martin Luther King est cité selon lequel la ségrégation n'est jamais aussi marquée que dans les églises le dimanche matin. [Sous entendu c'est assez paradoxal que ce soit justement à l'église où la ségrégation s'affirme le plus.] Les écrivains noirs affirment qu'en littérature c'est exactement pareil, voire pire ! Le public est ségrégué.

Un écrivain [Colson Whitehead ?] explique qu'il sent que l'on veut lui faire écrire certaines choses, qu'il y a des attentes, une demande de la part des éditeurs. Il existe un marché éditorial. Mais selon lui il ne correspond pas aux attentes du public, du moins du public le plus jeune. Les éditeurs sont frileux.

Un autre écrivain [John Edgar Wideman ?] explique vouloir écrire sur la foule, les embouteillages, le métro bondé or il n'y a pas une foule noire, des embouteillages noirs, un métro bondé noir, etc.

Colson Whitehead (Apex ou le cache-blessure, Gallimard, traduction Serge Chauvin) rapporte cette anecdote. Un jour un journaliste lui pose la question suivante : « Est-ce que vous êtes un écrivain noir ou est-ce qu'il se trouve que vous êtes une personne de couleur qui écrit ? » Et surpris l'écrivain de s'entendre répondre : « Est-ce que c'est une question idiote ou bien est-ce qu'il se trouve que votre question est idiote ? » [Rires dans la salle et clin d'œil à P. Everett, une façon de lui dire qu'il a aussi le sens de l'humour.]

Et E. Harris (Jupiter et moi, Liana Levi, traduction Alexandre Gouzou)d'ajouter : « Vous voyez, je vous l'avais dit, aujourd'hui ce n'est pas moi le plus rigolo. » [Re-rires dans la salle] « Les attentes des éditeurs [aux États-Unis] c'est de donner une image négative des noirs. Si l'on est noir, on comprend qu'il faut écrire sur les noirs et d'une certaine façon. En fait, je suis un militant pour ne pas être noir, pour ne pas se fondre dans le stéréotype de la communauté noire. Le fait d'écrire est un acte politique pour moi. »

Un autre écrivain : « Tout comme la religion, la race n'existe pas et cela a été démontré. Mais si le concept de race disparaît, les êtres humains trouveront autre chose. »

Au moment des questions au public, un homme de couleur prend un micro et descend les escaliers en direction du plateau. Il se tient debout à côté de Colson Whitehead et en face de Percival Everett. Sa voix est à la fois douce et enjouée. Il dit regretter que l'on n'ai pas parlé de littérature et notamment d’Effacement. [Roman qui effectivement traite d'un auteur noir qui essaie de se faire publier et n'y parvient pas. Finalement, il rencontrera le succès en épousant les stéréotypes.] Il dit être un admirateur de P. Everett qu'il considère comme un grand écrivain. L'intéressé enfoncé dans son siège le regarde étonné. Une autre admiratrice - de P. Everett toujours - prend la parole.

En poursuivant sur le même registre - celui des admirateurs - C. Whitehead raconte comment dans sa jeunesse il avait lu un texte de J. E. Wideman qui l'avait marqué et comment il s'était dit alors qu'un jour il aimerait écrire quelque chose comme ça. Aujourd'hui il remarque qu'il est sur le même plateau que l'écrivain. J. E. Wideman lui demande de quel texte il s'agissait ? L'incendie de Philadelphie répond l'autre. Cela remonte au début des années quatre-vingt-dix.

J. E. Wideman : « Si Barak Obama devient président alors cela va me changer moi. Mais politiquement est-ce que cela va changer quelque chose ? Ce qui est important, c'est que si un enfant noir entre dans le métro les gens ne pensent pas que c'est une racaille, mais peut-être le futur président. » [Autrement dit, peut-être que si Obama est élu cela changera le regard des gens.]

La traductrice intervient et demande : « Est-ce que vous avez un mot moins connoté que noir, black, ... » C. Whitehead propose de revenir à l'expression negro qui était neutre par le passé et désignait les personnes de couleur noire. [C'est ce que l'on entrevoit par exemple dans l'expression Negro spiritual.]

P. Everett un peu sarcastique revient sur Barak Obama : « Barak Obama est meilleur républicain qu'ils le sont eux-mêmes et cela les irrite. »

Une personne dans l'assistance prend le micro et explique que pour entrer aux États-Unis il faut remplir un questionnaire dans lequel on vous demande la couleur de votre peau avec deux valeurs possibles blanc ou noir. Elle dit que cela n'a pas de sens et s'interroge de savoir à quel degré de métissage doit-on considérer que nous sommes blanc ou noir.

J. E. Wideman fait remarquer qu'en posant cette question on continue de réfléchir selon les mêmes catégories de blanc et de noir, et que ce faisant on renforce ces catégories. Il faut les dépasser.


Notes : En écoutant le débat, je n'ai pu m'empêcher de penser à Clarence L. Cooper et à son roman Bienvenue en enfer. De toute évidence, ses textes concentraient tous les stéréotypes : Noirs, quartiers défavorisés, drogue, prostitution, prison,... Pourtant malgré son talent il n'a jamais rencontré le succès de son vivant et il est mort dans la misère et l'indifférence.

Les questions soulevées pendant le débat peuvent également se transposer en France avec quelques nuances historiques et culturelles : la question raciale notamment - même si dans l'idéal ne faudrait pas utiliser cette catégorie.
De même par rapport à l'édition en France on peut se demander dans quelle mesure les éditeurs ont des exigences vis-à-vis des écrivains afin de toucher tels ou tels marchés. Certains écrivains écrivent-ils selon des stéréotypes afin de se faire publier ?

À titre personnel, j'ai été très surpris en écoutant parler Percival Everett de retrouver le texte, la voix de Blessé. Dans sa façon de s'exprimer, j'ai reconnu exactement son style parfois tranchant, incisif, l'ironie et une certaine tendance à la provocation. Je ne dis pas que je ne lirais que cela, mais c'est assez remarquable dans sa manière d'écrire. Effacement est un titre inscrit depuis longtemps dans ma liste.

Le débat m'a également remis en mémoire la soirée de lecture à la librairie L'Attrape-Cœurs. Au cours de la soirée, certains lecteurs s'étaient étonnés de découvrir que le héros de Blessé était une personne de couleur et que l'écrivain lui-même l'était aussi ce qu'ils n'avaient pas imaginé une seconde à la lecture du texte. Cette révélation avait apparemment changé leur regard sur le texte. Comme quoi...

Festival America : Femmes d'Amérique, citoyennes du monde (1)

Sur le blog Attrape-Cœurs, quelques notes prises pendant les grands débats du Festival America.

Ces notes sont publiées pour information et pour mémoire. Lorsque je me suis rendu au festival, mon intention n'était pas de prendre des notes. C'est en assistant aux débats je me suis rendu compte qu'il se disait des choses intéressantes - et parfois avec beaucoup d'humour - qui méritaient peut-être d'être rapportées. J'ai donc commencé à griffonner quelques notes. Celles-ci ne prétendent pas à l'exhaustivité, ni à l'exactitude. Entre ce que l'écrivain a dit, ce qui a été traduit et ce que j'ai noté, il y a forcément des distorsions et des trous, et dont j'assume la responsabilité. C'est un peu l'histoire de l'homme qu'a vu l'homme qu'a vu l'homme qu'a vu l'ours. Néanmoins, ces notes peuvent donner idée des débats pour ceux qui n'ont pas pu assister aux manifestations. C'est pourquoi il m'a paru intéressant de les retranscrire ici.

Note : En relisant les notes, le rattachement de celles-ci aux écrivains m'a paru parfois douteux bien que j'ai fait de mon mieux. Je ne connaissais pas tous les écrivains, loin s'en faut, et encore une fois je n'avais pas prévu de prendre des notes. Aussi n'y accordez pas trop d'importance.
Si vous aussi avez assisté aux débats ou à d'autres manifestations du Festival America, vous pouvez mettre vos précisions, corrections et ajouts éventuels ainsi que vos commentaires dans le formulaire prévu à cet effet en bas du billet (voir également le mode d'emploi). Vous pouvez aussi mettre des liens en commentaire si vous avez publié des comptes rendus et/ou des photos, ou si vous connaissez d'autres sites/blogs qui traitent de l'événement.

Femmes d'Amérique, citoyennes du monde

Un écrivain remarque que les Américains des États-Unis ne comprennent pas qu'il y ait un Festival America en France après tout ce que les États-Unis ont fait à travers le monde ces dernières années. Ils sont très étonnés et remercient les organisateurs. À l'heure actuelle, ils n'imaginent pas un Festival France aux États-Unis. [Un peu d'autocentrisme, car le Festival America n'est pas tout à fait le Festival États-Unis. Sont également invités le Canada, le Mexique, Haïti et Cuba.]

Alyssa York (Effigie, Joëlle Losfeld, traduction Florence Levi-Paolini) : « Au 19ème siècle, les communautés mormones et la polygamie notamment étaient décrites comme le paradis, la situation idéale pour les femmes. Elles étaient toutes sœurs et n'avaient donc pas à lutter entre elles... Bien sûr, c'était le discours des hommes ! C'est le sujet de mon livre et je me suis interrogé. Comment ? Il n'y avait de jalousie, pas de lutte pour l'éducation des enfants par exemple ? »

Mary Gaitskill (Veronica, L'Olivier, traduction Suzanne V. Mayoux) : « Quand j'étais petite, personne n'avait pris la peine de me dire que j'étais un être humain. Je voyais bien qu'il y avait des chevaux, mais qu'est-ce que j'étais moi ? Alors, j'ai grandi comme cela, comme quelqu'un qui n'est pas devenu cheval. Aussi je ne me considère pas comme un écrivain femme, mais comme un être humain qui n'est pas devenu un cheval. »

Mélanie Wallace (La vigilante, Grasset, traduction Brice Mattieussent) : « Femme écrivain, c'est très significatif. Pourquoi ne dit-on pas homme écrivain ? Abandonner le genre. Je me souviens d'un écrivain décédé récemment. Il y avait un article dans le journal avec la liste de ses amis qui lui rendaient hommage. Dans la liste il n'y avait que des hommes. Je ne me sens rien de commun avec eux. »

« Les grands écrivains ne se comparent pas. On peut juste dire qu'il y a un petit peu d'ADN dans la phrase de ... qui est comme celui de Nabokof. »

A. York : « Tous les aspects de ma vie sont impactés par le fait que je suis une femme. On me pose souvent la question de savoir comme concilier l'écriture et l'éducation des enfants ? Personnellement, je n'ai pas d'enfants, mais pose-t-on cette question aux hommes qui écrivent ? »

M. Wallace : « On ne choisit pas son genre ou sa nature. Certains se définissent par rapport à cela. C'est une limite qui existe. Je la dépasse par l'imagination. »

Véronique Papineau (Petites histoires avec un chat dedans (sauf une), Le Boreal) : « Quand j'ai écrit mon livre, j'avais des problèmes de travail et des soucis en amour. Être triste, être malheureux, c'est bon pour la création. Aujourd'hui je suis heureuse... et je n'écris plus ! » [Rires dans la salle]

M. Gaitskill : « Falkner dit : Le passé n'est pas encore passé. Ici je fais la différence entre l'histoire et l'Histoire (story et history). Nous sommes tous conscients du poids de l'Histoire. Existe-t-il une womenhood ? En fait, je crois que je suis devenu un cheval écrivain ! » [Rires dans la salle]

lundi 8 septembre 2008

Librairie L'Attrape-Coeurs : Rentrée littéraire 2008

Rawi Hage, De Niro's GameLe 2 septembre s'est déroulé la soirée de rentrée littéraire organisée par la librairie L'Attrape-Cœurs. Les fidèles de la librairie se sont retrouvés dans un café mythique - pour les connaisseurs - du 18ème, Le rêve.

Le principe de cette rentrée littéraire était fort simple : Des participants attablés autour de bouteilles de vin, de verres de bière et de tranches de saucisson, et à chaque tour de table dans le sens des aiguilles d'une montre la présentation d'un livre par chacun des participants jusqu'à épuisement des livres, voire des participants - mais heureusement cela ne s'est jamais vu ! Chacun des participants a ainsi présenté succinctement et à tour de rôle les livres lus pendant l'été - pour être précis des services de presse pré sélectionnés par la librairie. Il a aussi donné une note pour chacun des livres présentés.

De l'avis de tous - enfin c'est l'impression que nous avons eue - la rentrée littéraire a paru meilleure cette année que l'an passé. Peut-être est-elle effectivement meilleure que la précédente. Les romans seraient ainsi moins nombreux - seulement 676 - cette année mais de meilleure qualité. A voir.

A notre niveau - celui du microcosme de la librairie - c'est sans doute aussi l'effet du premier filtre effectué par les libraires qui a joué. Sylvie et Erika avaient d’emblée écarté un certain nombre de textes. Vous vous souvenez peut-être des trois fameuses piles de livres dont il était question dans la précédente lettre : la pile des libraires, la pile des lecteurs et la pile… pour le pilon (la poubelle, quoi). Et de fait dans la pile destinée aux lecteurs, il n'y avait pas à notre connaissance - car j’étais très occupé à faire des photos - pas de Christine A., de Catherine M., d’Amélie N.,… Ce que nous avions précédemment appelé les romans « les plus en vue » et pas forcément les meilleurs. (A notre avis, il n'y a pas de corrélation entre "roman en vue" et "bon roman" ni dans un sens, ni dans l'autre.) Bref, comme promis, c’était place à la découverte.

Voilà, vous en savez maintenant un peu plus sur la rentrée littéraire de la librairie L'Attrape-Cœurs.


Merci à la Librairie L'Attrape-Coeurs - Sylivie et Erika - pour nous avoir offert cette soirée !


Maintenant, place aux photos ! (60 photos par ordre chronologique des photos sélectionnées) Juste un mot pour dire que le photographe a été comblé ; il a pu faire de jolis portraits.


De Niro's Game à la rentrée littéraire
Une rentrée littéraire sous le patronage de Don Quichotte et de Rossinante ainsi que l'avait fait remarquer un soir Erri De Luca.

dimanche 15 juin 2008

Photos Bookcamp, Paris, 1ère édition

Programme de Bookcamp 1ère éditionJe poste quelques photos du Bookcamp Paris 1ère édition sur le blog littéraire Attrape-Cœurs dans l'attente d'écrire quelques mots de compte rendu.

D'ores et déjà je voudrais remercier Hubert Guillaud (blog LaFeuille) organisateur de cette belle journée ainsi que ses partenaires Fing (la salle), Cleo (le pot), Mélico et M21 Editions (les tee-shirts) [tous ces liens s'ouvriront dans une autre fenêtre].

J'aurais vu et touché un vrai Kindle pour la première fois ! Plus sérieusement, j'aurais surtout entendu beaucoup de choses intéressantes (des retours d'expérience, des présentations de projets, des idées,...) et rencontré des gens sympathiques.

Pour consulter les photos, suivez le lien Photos Bookcamp Paris 1ère édition (les photos s'afficheront dans une autre fenêtre).


Hubert Guillot et quelques participants


Participants pendant la pose

jeudi 12 juin 2008

Salon du livre de jeunesse : programme

Affiche Salon du livre jeunesse 2008Sur le blog littéraire Attrape-Cœurs retrouvez le programme du Salon du livre de jeunesse 2008.

Pour afficher le programme du Salon du livre de jeunesse suivez le lien Programme du Salon du livre de jeunesse (le programme s'affichera dans une autre fenêtre). Encore une fois, très joli !


mardi 10 juin 2008

Bookcamp, Paris, 1ère édition



Le blog littéraire Attrape-Cœurs participera (#28) à BookCamp, Paris, 1ère édition. Ce BookCamp, en fait à l'origine un BarCamp (si vous ne savez pas ce qu'est un Barcamp suivez le lien Qu'est-ce qu'un BarCamp ?, le lien s'ouvrira dans une autre fenêtre), se tiendra le samedi 14 juin, de 14h à 20h à La Cantine (151 boulevard Montmartre, 12 passage des Panoramas, 75002 Paris, métro Grand Boulevard). Les inscriptions sont limitées à une centaine de participants pour des raisons de sécurité (c'est complet).

L'organisateur de ce BookCamp 1ère édition est Hubert Guillaud qui anime l'excellent blog La feuille (le lien s'ouvrira dans une autre fenêtre) sur le thème de l'édition électronique et dont je ne saurai que trop vous recommander la lecture (toujours bien informé, les réflexions qu'il y développe sont très stimulantes).

Un BookCamp pour quoi ?

Je cite : "L'idée de cette journée est de proposer une demi-journée d'expérimentations et de réflexions autour du livre et du numérique. Une série d'ateliers main à la pâte pour mieux partager les impacts de l'innovation numérique sur la chaine du livre. Une occasion de rencontre et d'échanges entre bibliothécaires, libraires, éditeurs, auteurs, critiques et lecteurs avec pour mot d'ordre, tous participants." Belle initiative ! :-)

Programme de la journée
13h-14h : préparation
14h-15h : arrivée, présentation.
15-16h : 4-5 ateliers
16h30-17h30 : 4-5 ateliers
18h-19 : 4-5 ateliers
19h-20h : pot.

Voici la liste des thèmes pressentis :
  1. Géolocalisation des catalogues
  2. Chaine éditoriale XML : pourquoi faire ?
  3. Du livre personnalisé au livre service
  4. Économie de l'édition numérique
  5. Quels sont les pratiques et les enjeux de la récupération des métadonnées associées au livres ? Tagguer les livres
  6. Inventer le livre électronique
  7. Qu'est-ce qu'un site d'éditeur 2.0 ?
  8. Écriture, édition et nouveaux supports
  9. Les comportements et usages des auteurs numériques, vers une nouvelle espèce de créateur ?
  10. Impression à la demande et automatisation des processus
Voilà de quoi s'amuser ! :-)

Plus d'informations en suivant le lien BookCamp, Paris, 1ère édition (le lien s'ouvrira dans une autre fenêtre).

Le salon du livre de jeunesse 2008

Affiche du salon du livre jeunesseLa librairie L'Attrape-Cœurs et la librairie Le rideau rouge ont le plaisir de vous informer que les Salon du livre de jeunesse se tiendra le 14 juin 2008 de 9h00 à 19h00 au Jardin d'Eole. Vous êtes tous cordialement invités. Excellente initiative et l'affiche est superbe !

Voici le détail du projet tel quel :

"Le Salon fait partie d'un vaste projet autour de la lecture avec les écoles du 18ème nommé Lecture 2+.
Vous trouverez ci-dessous le texte de présentation de ce projet.
Vous recevrez la semaine prochaine le programme détaillé de cette journée.

Présentation du projet :

Né de la volonté de professionnels (enseignants, libraires, bibliothécaires, BCDistes, animateurs…), le projet Lecture 2+ a pour intention d’inscrire des pratiques culturelles dans la Cité en mettant le livre, et plus spécifiquement la littérature jeunesse, au centre de différentes activités.

Il s’agit d' accompagner les enfants à se construire une culture littéraire. D'une part en créant du lien par le livre, en le faisant circuler entre les différents mondes de l'enfant : la famille, l'école, le quartier... D'autre part, en les laissant aborder les pratiques professionnelles des différents acteurs de la chaine du livre.

Ainsi, de la PS au CM2, sur 48 classes de 12 écoles, c’est 1000 élèves du 18ème arrondissement qui se sont plongés avec conviction et intelligence dans ce projet démontrant ainsi leurs capacités à devenir des lecteurs experts.

Les élèves ont non seulement développé mais aussi découvert des pratiques de lecteurs. Les échanges et confrontations organisés entre les classes, la rencontre avec certains auteurs, la réalisation d’une émission littéraire à la radio leur ont permis de devenir plus critiques, les entraînant à développer des arguments, à clarifier leurs propos et à développer ainsi leur pensée.

La création d'un salon du livre de jeunesse, organisé communément par les différents acteurs du projet (dont majoritairement les élèves), permet sur un temps fort de prendre conscience des possibilités qui s'ouvrent quant il y a mutualisation de nos différents regards et savoir-faire sur le livre.

Ce salon permettra à tous les habitants du quartier de rencontrer les « buveurs d’encre » comme certains ont souhaité se nommer."

salondulivrejeunesse2008g.jpg

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