Blog littéraire Attrape-Coeurs (littérature française et étrangère, critiques, auteurs)

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Réflexion

Toutes les réflexions qui peuvent venir aux rédacteurs.

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mercredi 9 juillet 2008

Site web éditeur 2.0 : La preuve par l'exemple (suite)

EDITIONS VOLETS VERTSHier, j'ai eu le plaisir de lire dans mon reader (lecteur de fil d'abonnement, de syndication) le dernier billet publié par l'éditeur Volets-Verts (EDITIONS VOLETS VERTS). Grâce à l'abonnement au fil de syndication, le blog littéraire Attrape-Cœurs est en mesure de vous annoncer que l'éditeur propose en libre téléchargement - gratuitement donc - cinq livres au format PDF, optimisés pour la liseuse Iliad.

L'éditeur utilise le widget de Scribd et son format iPaper lisible par tous les navigateurs. Grâce au code source réutilisable via le widget les livres peuvent être proposés en consultation sur n'importe quel site web ou blog. Le livre bénéficie ainsi des possibilités en terme de communication virale offertes par le widget. Le blog Attrape-Cœurs est vous propose ainsi de consulter le livre L'Art et la manière... de le regarder.

Depuis le site de Scribd, vous pouvez télécharger les livres au format PDF ou TXT.

Au passage, et même si cela ne change rien sur le fond, on remarque tout ce que la couleur apportera à ce type d'édition électronique. Les beaux livres bientôt sur les liseuses électroniques ? Avec le format d'écran de l'Iliad, cela pourrait être très joli !

J'ai commencé à parcourir L'Art et la manière... de le regarder. Très intéressant. :-) (Voir également le catalogue à la fin du livre.)

Read this document on Scribd: L'ENTRAINEMENT DU REGARD

vendredi 20 juin 2008

Site web éditeur 2.0 : La preuve par l'exemple

Editions Volets VertsCe matin, le blog littéraire Attrape-Cœurs a reçu une demande d'inscription à la lettre. Le message est signé "LES ÉDITIONS VOLETS VERTS SUR LE NET : http://volets-verts.blogspot.com/".

Comme c'est la première fois que j'entends parler de l'éditeur - pardonnez à mon inculture - j'ouvre mon navigateur favori à l'adresse indiquée. Devant moi s'affiche... un site web éditeur 2.0. Tout y est ou presque : les photos, le son (lectures de poèmes,...), la vidéo (interviews, présentations,...), les fils de syndication et les feuilleuteuses de livres ! Dans sa structure, le site web de l'éditeur n'en est pas tout à fait un site web. En fait, c'est un blog sur lequel sont postés des billets. A priori, on ne peut donc pas faire plus web 2.0. Le fil de syndication en bas de la page est à tester. Tout le catalogue et toutes les nouveautés en un clin d'œil dans votre agrégateur. C'est exactement l'illustration du billet précédent.

Dans l'esprit web 2.0, on regrette tout de même de ne pas pouvoir poster de commentaires. Le retour des utilisateurs du site, des lecteurs, sous la forme de commentaires est un des points clés, sinon LE point clé du web 2.0. (Idée à ajouter au précédent billet et à l'atelier.) Les commentaires permettent de prendre en compte le retour d'expérience des utilisateur, le fameux feed-back. Cette source d'information est précieuse car elle remonte directement des premiers intéressés. Elle permet de s'informer sur son lectorat, de mieux le connaître, de rester en phase avec lui, de communiquer auprès de lui, de nouer un lien tout en affirmant sa ligne éditoriale, son identité. De même, un formulaire de recherche ou un nuage de tags (étiquettes) aurait été le bienvenue pour interroger le catalogue. En revanche, les widgets "Recent visitors" et "Live traffic feed" n'ont pas beaucoup de valeur ajoutée pour le lecteur, me semble-t-il. Ils prennent de l'espace et détournent l'attention de l'essentiel. Dommage également que l'on en sache pas plus sur le projet, la ligne éditoriale.

La structure d'un blog est une bonne idée pour le site web 2.0 d'un petit éditeur. Le blog est mis en œuvre rapidement, facile à maintenir et dynamique (les informations sont stockées dans un base de données et les pages web sont générées à chaque requête pour l'affichage). Il est peu onéreux si l'éditeur le fait lui-même - mais cela demande du temps et un peu de compétences. De plus, de nombreuses fonctionnalités sont présentes par défaut (possibilité d'écrire des commentaire, fils de syndication,...) ou peuvent facilement être mises en œuvre. Le site web 2.0 d'un éditeur plus grand, plus installé est également dynamique pour être mis à jour facilement mais la seule structure du blog ne lui suffit pas. En revanche, il est adossé ou encapsule un blog afin de nouer et faire vivre le lien avec le lectorat. Le site web et le blog présentent du texte dans un format adapté à une lecture à l'écran. Le texte est agrémenté d'enregistrements sonores (interviews d'auteur, par exemple) et d'images (photos, vidéos) bien que cela ne soit pas une nécessité : une interview écrite d'un auteur de roman fait tout aussi bien l'affaire et convient même mieux dans certains cas. Les lecteurs aiment lire ! Le mix texte, son, image varie en fonction de la spécialité ou de la collection de l'éditeur : littérature vs photos ou dessins, par exemple.

Rappelons la philosophie du web 2.0 : Ce sont les internautes qui font le web. Ils créent le contenu et, surtout, le font vivre. Dans le cas du site web éditeur 2.0, les éditeurs investissent le web et communiquent au travers d'un site web dynamique et un blog. L'équipe éditrice communique régulièrement sur le site web éditeurs 2.0 (le blog) et garde le contact avec le lectorat via les commentaires. Sons et lumièresimages ne font pas le web 2.0. Ce sont des ressources multimédia qui préexistent au web 2.0. Ils ont un réel impact et une valeur ajoutée s'ils sont utilisés avec discernement. Dans le monde du livre, l'apport du multimédia, c'est incontestablement les feuilleuteuses qui permettent aux lecteurs de parcourir les livres.

Voilà le retour d'un utilisateur. :-) En tous les cas bravos aux éditions VOLET-VERT pour le joli site web éditeurs 2.0 et le catalogue consultable dans un agrégateur (reader) !

jeudi 19 juin 2008

Bookcamp : Site web éditeur 2.0

Site web éditeur 2.0

Programmation des ateliers sur le tableau Sur le blog littéraire Attrape-Cœurs, voici quelques réflexions suite à la l’atelier Site web éditeur 2.0 de Bookcamp Paris 1ère édition.

Note: Dans ce billet, je développe certaines idées a posteriori sur la base de notes personnelles et partielles.

L'atelier débute par un constat : (Ne connaissant pas la source des chiffres mentionnés, ils sont à prendre avec  précaution. Cela dit, à titre d'exemple, je peux donner les statistiques concernant mes usages personnels : 100% et 100%.)
  • 50% des gens font une recherche sur le web par rapport à un livre avant de l’acheter soit en ligne, soit en librairie
  • 90% (80% ?) des recherches commencent sur Google
En préambule, une idée triviale est bonne à rappeler : le site web éditeur 2.0 est naturellement orienté utilisateur, c’est-à-dire lecteur. Il apporte une valeur ajoutée à l’utilisateur. Sinon qui viendra le consulter ?

Le statut du catalogue de l'éditeur : outil de communication et d'information
Le site web éditeur 2.0 présente le catalogue de l’éditeur. Par exemple, il propose un outil de recherche dans le catalogue a minima par titre et nom d’auteur selon plusieurs modes à partir d’un chaîne de caractère : « contient », « au moins un terme », « tous les termes ». Il évite les animations graphiques (flash ou autres) qui n’ont pas de valeur ajouté pour l’utilisateur et lui font perdre du temps.

Les catalogues peuvent être classés en deux catégories.

Catalogue "Business to business" (B to B) : Un catalogue historique existe pour les professionnels du livre sous la forme d'une base de donnée « B to B ». Les éditeurs publient les nouveautés parues ou à paraître dans la base de données. C’est actuellement le catalogue professionnel unique des références éditeur. Les libraires, par exemple, utilisent cette base de données pour rechercher un livre et passer une commande.

Catalogue "Business to Consumer" (B to C) : Dans leurs relations avec les clients, les libraires utilisent également le catalogue historique. Ils vérifient l'existence et la disponibilité d'un titre dans ce catalogue. En revanche, le catalogue n'est pas prévu pour fournir des informations orientées clients. Or on constate que de plus en plus de clients s’informent au préalable sur le web (50%) avant l’acte d’achat. Le lecteur (client) collecte ses informations directement sur le site de l'éditeur, sur les blogs ou autres sites web. Dans ces conditions, le client se trouve parfois mieux informé que le professionnel lui-même, si celui-ci se contente de ses outils historiques. C'est problématique si l'on considère que la valeur ajoutée d’un libraire est en partie liée à son rôle de prescripteur. De même que le Vidal en ligne favorise l’automédication, la bibliosphère favorise l’autoprescription.

Au cours de la discussion apparaît l'idée de "faire tomber les murs du site web", l'idée de la nécessaire "porosité" du site web éditeur 2.0. La "porosité" des sites web, leur faculté d’interagir avec d’autres sites ou médias, est rendue possible grâce à de nouveaux outils. Les fils de syndication RSS ou Atom en sont une bonne illustration. (Pour ceux qui ne savent pas ce que sont les fils de syndication, voir la vidéo en fin de billet. Enfantin mais puissant !) L’idée de porosité d’un site web est intéressante car elle peut changer la façon de travailler avec le ou les catalogues en ligne. Au fond que fait le catalogue historique ? Il agrège, centralise des données dans une base unique. D’un point de vue pratique, les éditeurs saisissent des informations à la fois sur leur site web et pour le catalogue historique (avec les délais d'enregistrement ou de mise à jour et les risques d'erreurs que cela implique). Or que ferait l'agrégateur (ou "reader", logiciel spécialisé dans la lecture des fils de syndication et disposant d'outils de recherche et de classement) d'un libraire ou d'un lecteur s'il était abonné à tous les fils de syndication des sites web éditeur 2.0 ? Il agrégerait, centraliserait dans un espace unique toutes les informations publiées sur les sites web éditeurs 2.0. Le libraire ou le lecteur serait ainsi informé presque en temps réel de toutes les nouveautés publiées par les éditeurs via son agrégateur. On peut ainsi imaginer sur le site web éditeur 2.0 des fils de syndication dédiés, par exemple pour les publications, les dossiers de presse,...
Toute nouvelle information - de même que le fonds du catalogue - serait presque en temps réel à disposition des libraires et des lecteurs via les fils de syndication. Le libraire ou le lecteur aurait la liberté de s’abonner aux fils de leur choix sur les sites web éditeurs 2.0.

Une autre technologie plus lourde à mettre en œuvre que les simples fils de syndication mais aussi plus puissante consiste à exposer le catalogue sur le sites web éditeurs 2.0 via des interfaces (webservices). A partir de ces interfaces, les catalogues des éditeurs peuvent être interrogés par des applications tierces. Amazon, par exemple, a mis en place de telles interfaces afin que des applications tierces utilisent son catalogue. Ces interfaces sont abondamment utilisées par des sites web tiers dans le monde entier et participent du succès de l'enseigne en ligne.

Voilà pour les nouveauté publiées sur le site web 2.0 éditeur. Qu'en est-il des publications passées, anciennes voir très anciennes ? De ce point de vue, les professionnels du livre et les lecteurs ne sont pas démunis non plus. Ils peuvent tout à fait se tourner vers un moteur de recherche tel que Google, par exemple (sans parler de Google Search Book). En effet, le moteur de recherche scrute le web en permanence et indexe toutes les informations qu’il trouve. (Attention tout ce que vous écrivez pourra être retenu contre vous ! :-) Que ce soit sur le site web 2.0 d'un éditeur, sur un site web spécialisé (bibliothèque ou autre), sur un blog, impossible qu'il ne trouve pas. En fait, si Google ne trouve pas, de plus en plus cela signifie que cela n'existe pas. Au fond, Google est LE catalogue orienté client. Il agit en quelque sorte comme un méta catalogue ; il catalogue les catalogues ! Cataloguer (indexer) est son métier.

Pour comprendre les limites d'un catalogue classique par rapport à un moteur de recherche, prenons l'exemple d'un livre marqué dans le catalogue comme "épuisé". A l'heure du web, l'idée de livre épuisé ne veut plus dire grand chose. En effet, il se trouvera toujours un exemplaire d'occasion à acheter sur un site web. Le libraire doit-il se priver de cette source d'approvisionnement ?

Autrement dit le site web éditeur 2.0 est un site web qui a fait "tomber les murs", qui est "poreux". Il est relié au reste du monde par des fils RSS ciblés (par exemple, un fil de publication par collection - nous reviendrons sur les collections -, un fil des dossiers de presse par collection, un fil des événements,...) qui irriguent les agrégateurs des libraires, bibliothécaires et des lecteurs. En parallèle, les libraires font évoluer leurs pratiques et tirent partie de ces nouveaux services. Ils utilisent des agrégateurs et les moteurs de recherche qui indexent les sites 2.0 des éditeurs. Ils s'approprient le web en tant qu'outil de travail à part entière et ne se limitent pas seulement à leurs outils historiques. Ils font "tomber les murs de la librairie". La pérennité de la fonction prescriptive du libraire passe en partie par une meilleure compréhension et appropriation du web.

La valeur ajoutée du site web de l'éditeur : donner la possibilité faire des recherches sur le fonds du catalogue et expliciter la ligne éditoriale
Le site web 2.0 de l'éditeur apporte de la valeur ajoutée au lecteur en exposant, en rendant visible le fonds des livres (la totalité du catalogue) et en communiquant sur la ligne éditoriale. Le fonds d’un éditeur est un patrimoine qu’il faut valoriser en l’exposant sur le site web éditeur 2.0 (publication sur le site web, fils de syndication, interfaces). L'éditeur tire ainsi parti tous les bénéfices de "la longue traîne". On a coutume de dire que 80% des ventes d'Amazon se font sur la longue traîne. Sur le site web éditeur 2.0 le catalogue est neutre et les titres anciens apparaissent au même niveau que les nouveautés. De même, toujours dans une logique de communication, pourquoi ne pas exposer les dossiers de presse sur le web ?

En plus de présenter le catalogue, le site web 2.0 expose, explicite la ligne éditoriale de l'éditeur, son image de marque, son identité (vous trouverez un excellent exemple dans le billet précédent). C'est le lieu idéal pour l'éditeur de présenter et de communiquer sur ses collections, par exemple. En cela le site web 2.0 de l’éditeur a une réelle valeur ajoutée par rapport aux grandes enseignes en ligne tel que Amazon. En effet, ces enseignes ne communiquent pas ou très peu sur la collection en tant que telle. Sur le site web de l'éditeur, après une introduction à la ligne éditoriale de chaque collection, le lecteur informé a la possibilité rechercher tous les ouvrages sur la même ligne éditoriale en utilisant le critère de collection de l'outil de recherche (critère très utile pour fidéliser un lectorat).

L'expérience d'O'reilly, toujours à l’avant garde, est également (voir le billet précédent) remarquable sur la question de la fonctionnalité de recherche sur le site web éditeur 2.0. En effet, sur son site web l'éditeur a abandonné la classification sous forme arborescente et opté pour une recherche par tag (étiquette). Les utilisateurs cliquent ainsi sur un tag pour afficher la liste des livres correspondants. Le retour d'expérience d'O'reilly montre que la recherche par tag demande un apprentissage de la part des utilisateur mais qu'elle devient également rapidement indispensable. Les utilisateur qui ont l'expérience des tags deviennent addictes. Il n'y a qu'a voir la popularité des nuages de tags sur les blogs. Les éditeurs étiquetteront donc de façon appropriée leur catalogue dans leur site web 2.0. (Note : O'reilly est un éditeur d'ouvrages très techniques - informatiques - et qui se prêtent peut-être mieux à l'utilisation des tags. Cela dit, les nuages de tag sont également abondamment utilisés sur les blogs.)

Autres pistes pour créer de la valeur ajoutée sur le site web éditeur 2.0
Afin de faire connaître ses nouveautés, un éditeur a également tout intérêt à encapsuler une feuilleuteuse dans ses pages web à l'aide d'un widget. Le lecteur peut ainsi consulter tout ou partie d'un livre et se forger une opinion sur son contenu. Cette fonctionnalité existe déjà chez plusieurs éditeurs et grandes enseignes en ligne. Elle rend les sites web des éditeurs plus attractifs, surtout au moment de nouvelles parutions (rentrée littéraire, par exemple. :-) Voilà un autre moyen de créer de la valeur ajoutée pour le lecteur.

En parlant fils de syndication ou nuages de tag, on se dit que le site web éditeur 2.0 utilise des outils très répandus sur les blogs. A ce propos, la philosophie du web 2.0 n’est-elle pas justement tout entière contenue dans le blog ? La cerise sur le gâteau du site web éditeur 2.0, c’est bien entendu le blog éditeur. Sur celui-ci, l’éditeur (l’équipe) est en mesure de communiquer sur son travail éditorial, ses projets, ses découvertes, ses auteurs, son métier, ses déconfitures, ses réussites… Bref, sur tout ce qui peut lui permettre de garder le contact avec son lectorat et le rendre plus attachant. J’ai entendu dire que certains éditeurs savaient faire cela très bien avec les libraires. Alors pourquoi pas avec les lecteurs sur le blog du site web 2.0 de l’éditeur ?

Voilà, en espérant que ces réflexions collectives et personnelles plus ou moins prospectives vous inspireront... Et la littérature dans tout ça ? Je perds de vue l’essentiel car tout cela n’est rien sans la littérature. Décidément ce Bookcamp m’aura perverti ! :-)

Voici la vidéo promise sur l'utilisation des fils de syndication :


Source : Bibliobsession 2.0
(2min 58sec en français :-)


Ce compte rendu est personnel et n'engage que son auteur. Si vous voulez donner votre point de vue sur l'atelier, ajouter des précisions, apporter des corrections, réagir à certaines idées développées... vos remarques sont les bienvenues dans les commentaires.

mardi 17 juin 2008

Bookcamp : Economie du livre numérique

Economie du livre numérique

Sur le blog littéraire Attrape-Cœurs, retrouvez un compte rendu de l'atelier Bookcamp "Economie du livre numérique". Ce n'est pas de la littérature mais c'est très intéressant de suivre les projets - littéraires parfois - de l'économie du livre numérique. Vous en apprendrez des choses... :-)

Le tableau vertIntroduction
« Sur un tableau vert était tracé à coups de craies multicolores la programmation des ateliers de l’après-midi. Pour moi et pour d’autres peut-être cela évoquait des souvenirs d’écolier plus ou moins agréable... » Le Bookcamp, Paris, 1ère édition commence comme dans un roman d’Anna Gavalda :-). Et ce tableau vert, c’est le prétexte pour quelques photos. D’expérience, je sais que si je ne sors pas l’appareil dans la première demi heure, il a tendance à rester dans sa sacoche.

A côté, un objet blanc posé sur une table basse retient mon attention. Le voilà enfin l’objet de toutes les passions, le Kindle d'Amazon. Comme tout le monde en France, je l’avais découvert via le web. Je me souviens des posts de Francis Pisani (blog transnet) il y a quelques mois. Ses billets m’avaient impressionnés. L’objet en lui même je ne le trouvais pas spécialement joli avec son design de stromtrooper qui le fait ressembler à un vaisseau spatial droit sorti de La guerre des étoiles premiers épisodes. Mais je découvrais les vertus de l’encre électronique, la polarisation de petites billes d’encre sans éclairage direct, comme le papier mais électronique. Dans la réalité, le Kindle est plutôt agréable à regarder et à manipuler. Il est vrai que l’on a du mal à le tenir sans tourner une page. Mais peut-être que avec de la pratique cela devient un atout. La coque en plastique ne me choque pas. Au contraire, l’objet n’en est que plus léger et maniable. Pas plus que sa couleur blanche qui agrandi la page, lui donne plus d’espace. Sur l’écran, la typographie est élégante et la mise en page aérée. Le lecteur électronique est doté d’un clavier pour la prise de note. Cela doit être fastidieux à utiliser. A voir. Quoiqu’il en soit un livre électronique sans la possibilité de prendre des notes en cours de lecture est pour moi inimaginable. Je lis toujours un crayon à la main.
Si l'objet est séduisant, en revanche le modèle d’affaire (business model) d’Amazon porté par le Kindle et vise à rendre le client captif de la plateforme est insupportable.
Je prends également en main le Sony reader qu'un participant a apporté. J’avais posté une belle vidéo sur le blog il y a quelques jours. Mais je suis un peu déçu par le poids de l’objet et le contact froid du métal. Et puis, il n’y a pas de possibilité de prendre de note sur ce modèle ce qui pour moi est rédhibitoire.

Atelier économie du livre numérique
C’est le premier atelier auquel je participe ; enfin, auquel j’assiste pour être exacte.
Le premier modèle d’affaire présenté est celui de M21. Il consiste à vendre un pack - lecteur et livres - adossé à une communauté sur le web. Les packs sont thématiques (nouvelles technologies, psychologie, cinéma,…) et sont vendus aux alentours de 450€, le lecteur seul coûtant 350€. Les livres électroniques (fichiers ebook) sont protégés par DRM afin de rassurer les éditeurs partenaires. Ils peuvent être utilisés sur quatre autres périphériques appartenant au même utilisateur. Le prix d’un livre électronique représente environ 75% du prix du livre papier.
Le modèle d’affaire est complété par la présence de publicité sur le site web communautaire. Chaque pack thématique est adossé à un site web lui aussi thématique.

A parte : la question des droits d’auteur
Pour un livre papier normal, les droits d'auteurs représentent en moyenne 10% du prix du livre HT, sachant que la TVA pour les biens culturels est de 5,5%. La TVA pour un livre numérique est de 19,6%. D’autre part, il est raisonnable de penser que les livres électroniques se vendront 25% à 35% moins cher. On voit ainsi qu'en l'état, dans le monde numérique, les droits d’auteur se trouvent réduits à la portion congrue. Une réflexion sur la question des droits d’auteur numérique doit être engagée. Quelles sont les pratiques actuelles des éditeurs 2.0 en terme de droits d’auteur numérique ? Autre question intéressante, quel est le coût total de fabrication d’un livre numérique par rapport à un livre papier ?
Plus qu’un modèle d’affaire, il s’agit d’un projet éditorial. Un projet éditorial libertaire inspiré de la culture punk. Le modèle d’affaire est audacieux mais cohérent avec le projet éditorial. Il repose sur une logique de don et contre-don. Le contrat implicite est le suivant : « Nous vous donnons accès au texte en consultation et en contre partie vous vous engagez à acheter le livre ».
La corrélation constatée entre livre consulté et le livre acheté est intéressante à souligner. Mais est-on sûr du sens de la causalité ? Est-ce la consultation gratuite qui déclenche l'achat ou bien est-ce le fait de venir acheter qui a fait que l’on a consulté ? Quoiqu’il en soit l’expérience démontre a minima que donner à consulter un livre gratuitement ne dissuade pas de l’acheter. Au contraire, cela peut même déclencher l’acte d’achat.
Enfin, le prix des éditions papier a été baissé afin d’être en phase avec un public plus jeune. L’éditeur insiste également sur le coût du site web à prendre en compte absolument dans le budget du livre.
Ce qui me paraît intéressant dans ce projet, c’est cohérence de la ligne éditoriale et du modèle d’affaire. Le modèle d’affaire est adapté à un public libertaire.
  • Le modèle d’affaire de Fabula (Alexandre Gefen)
Le modèle proposé par Fabula est un peu différent du précédent. Nous sommes là dans la sphère universitaire. Tenez vous bien, il existe un projet d’édition de volumes de la Bibliothèque de la Pléiade (Molière) au format électronique (pages web ou fichier électronique ?) incluant l’ensemble du texte ainsi que le matériel de référence ayant servi à faire les notes mais à l’exclusion de ces mêmes notes. Le texte et le matériel documentaire au format électronique sera ainsi mis à disposition sans les notes en libre consultation par les lecteurs.
Même si les œuvres sont dans le domaine public, le projet est audacieux. Le principe du « don » se retrouve dans le sérieux et la qualité de l’édition (mise en page, typographie,…) ainsi que dans le matériel de référence réuni et mis à disposition gratuitement au lecteur. [D’ailleurs, il est possible d'imaginer un site communautaire de libre contribution pour l’ajout de matériel et la rédaction de notes dans l’esprit de Wikipédia par exemple.] La valeur ajoutée pour les chercheurs se trouvant dans les notes, celles-ci seront publiées uniquement avec l’édition papier. Le collectionneur quand à lui achète les ouvrages de la Pléiade pour se constituer une bibliothèque. L’édition numérique de la Pléiade n’entre donc pas en concurrence avec l’édition papier pour le public des chercheurs ou des collectionneurs. En revanche, le simple lecteur via l’édition numérique pourra être amené à s’intéresser à l’édition papier et être converti en collectionneur… (plus rarement en chercheur !)
Le modèle d'affaire présenté par amontour.net fonctionne sur à peu près sur le même principe que le précédent. Il s’articule autour d’un projet éditorial en collaboration avec l'éditeur Zulma. A l’occasion de la sortie prochaine du roman Là où les tigres sont chez eux de Jean-Marie Blas de Roblès (800 pages) amontour.net proposera un site web compagnon pour présenter et naviguer dans l’index de l’œuvre (200 pages). L’auteur considère en effet l’index comme indissociable du texte. Le lecteur pourra ainsi faire des aller-retour entre le livre et le site web, par ailleurs dynamique. A moyen terme, une édition complètement électronique est envisagée.
Ce projet me fait penser au livre Une brève histoire des morts de Kevin Brockmeier. Sur le site de l’éditeur Panama, on retrouve une carte interactive de la ville des mort avec une géolocalisation virtuelle des personnages du roman (voir le billet Une brève histoire des morts, Kevin Brochmeier, 3/5).
amontour.net souligne que la littérature est en mouvement. Effectivement, il n’y a qu’à voir tous les courants qui l’ont traversée. Aussi considère-t-elle que le modèle d’affaire doit lui aussi s’adapter. Ainsi il n’y aura sans doute pas un modèle d’affaire unique mais une pluralité de modèles en fonction de l’œuvre (et du public il me semble). Les maîtres mots sont donc souplesse et adaptation.
  • Le modèle d’affaire Ipod
Un intervenant signale à juste titre le modèle d’affaire Ipod avec sa plateforme de téléchargement bientôt opérationnelle. De ce côté, cela va bouger également. L’Ipod entrera certainement en concurrence avec le lecteur électronique. A suivre également donc.
(Je connais bien les éditions O’reilly car j’ai eu l’occasion de travailler dans le secteur informatique. Je connais la renommée de l’éditeur dans le milieu professionnel. Aussi j’ai suivi avec beaucoup d’intérêt les billets concernant l’aventure de la filiale française dans le domaine de l’édition numérique.)
Le modèle d’affaire de la filiale française s’est déployé progressivement dans le temps. Ce qui est remarquable dans le modèle O’Reilly France, c’est que les livres électroniques (des fichiers Pdf) sont vendus et distribués sans DRM. Seul un watermark indiquant le nom et le courriel du propriétaire est apposé dans la marge de chaque page du livre.
Via le site web, différents produits ont été commercialisés :
  1. La collection « Focus » : des livres courts sur des problématiques très ciblées et commercialisés au format électronique Pdf
  2. Les livres en édition papier
  3. Les livres en édition électronique (format Pdf)(75% du prix de l’édition papier)
  4. Les livres édition papier et électronique (bundle)(120% du prix de l’édition papier seule)
Je passe le détail des chiffres que vous pouvez trouver en suivant le lien Le PDF, ça ce vend ! sur le blog Immatériel.net. Toutefois, afin de les interpréter il convient de préciser :
  1. que O’reilly publie avant tout des ouvrages techniques
  2. que le lectorat est constitué d’informaticiens habitués à lire sur des écran et en effectuant des recherche dans le texte d’où l’intérêt de l'édition électronique.
  3. que la clientèle est plutôt professionnelle - ce serait donc du « B to B » (business to business) - et que la charge financière serait assumée par des entreprises et non des particuliers. En fait, il serait plus significatif de connaître la répartition professionnel / particulier pour chaque type d’édition vendu.
Des chiffres, nous pouvons tirer les enseignement suivant :
  1. Le seul site web de l’éditeur ne suffit pas pour assurer la vente des livres électroniques. Il faut un réseau de distribution ce qui correspond aux usages.
  2. Si on compare le site web à une librairie particulière vendant des éditions papiers et électroniques alors il existe un marché pour l’édition électronique.
Toutefois, attention au biais lié au fait que l’éditeur adresse un marché de niche très technique, celui de l’informatique.
  • Le modèle d’affaire O’reilly États-Unis (Julien Boulnois, Xavier Cazin)
Le modèle d’affaire d’O’reilly aux États-Unis est celui de l’abonnement/location. L’utilisateur paie ainsi 20$ pour accéder pendant un an à une bibliothèque constituée de cinq titres choisis dans le catalogue. Tous les mois l’utilisateur a la possibilité de changer un titre de la bibliothèque. D’après les intervenants, ce modèle est très rentable.
Il existe également un modèle de type « buffet à volonté » à 42$ reposant sur le principe simple que l’abonné de ne peut pas tout lire (de même que les clients ne peuvent pas tout manger !) Les abonnés consomment à peu près tous la même quantité de livres.
Là encore, il faut avoir en tête que nous parlons de livres très techniques pour lesquels une lecture non linéaire par recherche de mots clés est gage d’efficacité. D’autre part, il s’agit souvent d’un usage présumé professionnel (pas de chiffres) financé par des entreprises (« B to B »).

Un modèle identique se retrouve avec la Fnac - Cyberlibris pour des livres "technique" ou "savoir" à destination du grand public. Le lecteur a ainsi possibilité de s’abonner à une ou plusieurs bibliothèques thématiques ("santé et bien être", "bricolage et jardinage",…) et d’accéder en consultation à l’ensemble des ouvrages de chaque bibliothèque.

Si l’on se représente un lecteur passionné de littérature classique ou moderne, de roman noir, de SF, d’épouvante,… comme un professionnel spécialisé dans un domaine alors le modèle de l'abonnement se trouve transposable pour la littérature. De même, on peut imaginer que les professeurs, les scolaires, les bibliothécaires et les usagers des bibliothèques puissent également accéder à ce type de services par abonnement.

Le modèle d’affaire d’abonnement à une bibliothèque de livres électroniques suggère une lecture en ligne sur un site web ce qui est loin d'être idéal... Avec une connexion sans fil, on peut également imaginer une lecture sur lecteur électronique.

Voilà, j'espère que vous en savez maintenant un peu plus sur l'économie du livre numérique et sur ce qui nous attend demain, nous lecteurs. :-)

Liens:
Si vous voulez en savoir plus sur les ateliers Bookcamp (comptes rendus, présentations, vidéos,...) vous pouvez suivre le lien vers le blog La Feuille (le lien s'ouvrira dans une autre fenêtre).


Ce compte rendu est personnel et n'engage que son auteur. Si vous voulez donner votre point de vue sur l'atelier, ajouter des précisions, apporter des corrections,... vos remarques sont les bienvenues dans les commentaires.

jeudi 5 juin 2008

Les droits imprescriptibles des lecteurs

Couverture de Comme un romanSuite aux soirées littéraires autour des livres de Marcus Malte, Garden of love et de Julien Gracq, Le rivage des Syrtes, et pour les nouveaux, il est peut-être utile de rappeler les droits imprescriptibles des lecteurs tel que les a définis Daniel Pennac dans Comme un roman (le lien s'ouvrira dans une autre fenêtre). Les voici sur le blog littéraire l'Attrape-Cœurs.

(Notez bien que je ne fais pas ce rappel parce que je n’avais pas lu le livre. C’est pure coïncidence. Non, ce billet c’est surtout pour les nouveaux...)
  • Le droit de ne pas lire.
  • Le droit de sauter des pages.
  • Le droit de ne pas finir un livre.
  • Le droit de relire.
  • Le droit de lire n'importe quoi.
  • Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible).
  • Le droit de lire n'importe où.
  • Le droit de grappiller.
  • Le droit de lire à haute voix.
  • Le droit de nous taire.
A ce jour, il n’y a pas de droits imprescriptibles du critique amateur, ce qui nous aurait été fort utile notamment dans les cas suivants :
  • pour ne pas s’énerver quand quelqu’un critique, voire dit beaucoup de mal, d’un livre qu’on a adoré et qui est un peu une part de nous. Comment ne pas lui en garder rancune pour toute la vie ?
  • pour ne pas blesser autrui qui est en adoration devant un livre (un auteur), et qui est un peu une part de lui aussi, tout en lui faisant comprendre que ce livre on l'a détesté et que vraiment l’auteur devrait changer de métier. Comment ne pas se faire ainsi un ennemi pour toute une vie ?
  • bref, pour être sincère, intellectuellement honnête sans se faire des ennemis.
On trouvera bien quelques éléments de réponses dans l’essai de Pierre Bayard, Comment parler des livres qu’on pas lus ? Par exemple le droit de critiquer un livre que l'on a pas lu ou que l'on a oublié ou que l'on a parcouru ou que l'on pas compris...

En attendant, on pourra toujours comme faire nôtre ce principe de bon sens d’Oscar Wilde, par ailleurs fort utile et à propos :
« Je ne lis jamais les livres dont je dois écrire la critique, on se laisse tellement influencer. »
Voilà peut-être un des premiers droits imprescriptibles du critique amateur.

Si quelqu’un - de préférence quelqu’un qui a aimé le livre (et qui l'a lu ;-) - veut se prêter au jeu d’écrire quelque mots sur Garden of love et sur le soirée en général, il y est cordialement invité.